Sonos et Spotify: un aperçu du futur de la musique

Depuis ses débuts en France, je suis un grand fan de Spotify, une plate-forme suédoise de diffusion de musique à la demande. Alors quand j’ai appris qu’un système permettait d’avoir la musique de Spotify dans la salon, Sonos, j’ai sauté dessus. Après quelques mois d’utilisation, j’en suis venu à cette conclusion: voici à quoi ressemblera le futur de la musique personnelle. Et ouais.

Zieutez donc la vidéo de propagande de Spotify si vous ne voyez pas de quoi je parle:

Parce que finalement, dans les années 80-90, on a stocké des CD, jusqu’à avoir de vrais problèmes de place pour certains. Aujourd’hui, beaucoup ont résolu ce problème par la numérisation de la musique. Mais là encore se posent de vrais contraintes de stockage: si on veut écouter ses mp3 sur son ordinateur et sur sa chaîne hi-fi, il faut un serveur. Et un serveur, ça se remplit, ça se nourrit constamment en électricité… et puis un jour, ça crashe et ainsi disparaît la collection de 1 234 908 titres.

Bref, la musique personnelle aujourd’hui, c’est l’enfer.

Enfin, c’était l’enfer. Jusqu’à ce qu’arrivent Spotify et Sonos. Depuis que cette paire existe, écouter de la musique n’a jamais été aussi simple. Y’a plus de CD ou de mp3 à stocker, y’a plus d’ordinateur ou de serveur à brancher, y’a plus que de la musique et des enceintes pour la jouer.

Comment ça marche ?

D’abord, il faut un compte premium, c’est à dire un abonnement, 10€ mensuels, au service de Spotify. Ensuite, il faut au moins un appareil de la gamme de Sonos, l’excellent Player:5 ou le non moins excellent Player:3 qui vient tout juste de sortir. Vous branchez ces appareils sur votre réseau domestique. Oui, car depuis l’avènement des « box » Internet, tout le monde a un réseau domestique. Puis vous ajoutez le service Spotify aux options disponibles pour vos enceintes Sonos et Rock n’Roll !

Pour tester cette installation depuis quelque temps, je peux vous certifier que c’est le combo ultime. J’en ai oublié ma collection de mp3, et les quelques CDs qui ont survécu aux déménagements successifs ramassent la poussière. Je découvre des albums de mes artistes préférés qui m’étaient encore inconnus (voyez par exemple le catalogue disponible pour Serge Gainsbourg), je butine, je teste des recommandations de blogs dédiés

Dernières résistances ataviques

Il y a néanmoins deux bémols à mentionner qui viennent gâcher ce beau panorama. D’une part, les labels n’aiment pas Spotify (ni les autres systèmes de musique à la demande). L’industrie musicale est persuadée qu’elle peut continuer à nous vendre des CDs, ou des mp3 à la rigueur. Je ne sais pas si un directeur de label, ou d’une maison de disque, a testé Sonos+Spotify mais il devrait essayer, juste pour voir s’il a encore envie après d’aller télécharger un mp3 sur son ordinateur ou d’acheter un CD.

Bref, le catalogue de Spotify, bien que très complet, 13 millions de titres, change constamment au gré des accords avec les labels, et c’est un gros problème. Des playlists que vous avez bichonnées au titre près peuvent se retrouver vides six mois après, parce que les accords de distribution qui existaient alors ont changé entre temps. Eh oui, il faut le savoir, l’industrie musicale change ses accords de distribution, pays par pays, tous les mois. Il faut bien occuper les armées d’intermédiaires qui se gavent entre les artistes et ceux qui les écoutent, sinon, hein à quoi ils serviraient ?

C’est d’autant plus énervant que bien souvent, les titres qui ont disparu réapparaissent, mais sous un autre label, ou une autre compilation… Mais Spotify, qui est obligé de garder de bonnes relations avec les labels et l’industrie musicale surtout au moment de son lancement aux Etats-Unis, ne fait pas un remplacement automatique.

Ainsi, ceux qui apprécient les notes flottantes de Bob Dylan via Spotify savent de quoi je parle ! A l’heure où j’écris ces lignes, seule une petite partie de sa discographie est disponible, après avoir été entièrement proposée. Quant aux Pink Floyd et aux Beattles, il faut encore malheureusement se contenter de leurs mp3 pour les écouter.

Progrès possibles pour Sonos

L’autre souci, c’est l’intégration encore largement perfectible de Spotify dans Sonos. Pour Sonos, Spotify s’ajoute à leur offre de base, qui consiste à permettre la lecture des mp3 et des radios sur des enceintes ou la chaîne Hi-Fi. Les playlists de Spotify doivent ainsi être converties en playlists Sonos, ça se fait en deux clics, mais c’est deux clics de trop. Par ailleurs, les recherches dans le catalogue Spotify via les logiciels de Sonos accusent des années de retard par rapport à ce que les applications natives de Spotify offrent.

Ainsi, il est impossible d’utiliser les opérateurs de recherche disponibles dans Spotify, et il n’y a pas de recherche globale possible, il faut d’abord choisir si la recherche concerne un artiste, un album ou un titre… Sonos a encore de gros progrès à faire sur l’ergonomie de leurs interfaces de contrôles, par exemple en proposant une recherche globale sur la discothèque de mp3 et sur les index des services en ligne comme Spotify.

L’idéal serait que l’utilisateur n’ait plus à se soucier d’où vient la musique qu’il joue, que ces détails qui ne le concernent pas soient transparents. C’est pour demain.

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