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	<title>On est mal &#187; Vidéo</title>
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	<description>Blog sur la désagrégation des choses</description>
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		<title>La fin des options multimédias</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Feb 2009 14:39:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le drame avec le multimédia est qu&#8217;il rentre dans les rédactions par la mauvaise porte. Invité à  débattre du futur du journalisme au Club de la presse de Strasbourg hier, Jérôme Bouvier, le grand coordinateur en chef des Assises du journalisme (dont j&#8217;ai déjà  parlé ici et ici) a fort justement résumé cette situation par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le drame avec le multimédia est qu&#8217;il rentre dans les rédactions par la mauvaise porte. Invité à  débattre du futur du journalisme au Club de la presse de Strasbourg hier, Jérôme Bouvier, le grand coordinateur en chef des <a href="http://www.journalisme.com">Assises du journalisme</a> (dont j&#8217;ai déjà  parlé <a href="http://www.pierrefrance.com/onestmal/2007/03/11/des-assises-bancales/">ici</a> et <a href="http://www.pierrefrance.com/onestmal/2009/01/21/14-solutions-pour-le-journalisme/">ici</a>) a fort justement résumé cette situation par cette formule : « Les éditeurs utilisent le multimédia comme un Cheval de Troie pour s&#8217;introduire dans les rédactions et appauvrir la pratique du métier. »</p>
<p>Voilà . Voilà  pourquoi ça coince. Les journalistes <a href="http://yannsnews.info/stantibus/?p=303">craignent</a>, et à  mon avis à  juste titre, qu&#8217;on leur demande de tout faire à  l&#8217;avenir : « Bon coco, tu vas sur ton sujet, tu prends une caméra, un appareil photo, ton carnet et tu nous fais une brève, un sujet vidéo et un article pour le canard. Go ! » Ceux qui voient dans ce discours la rhétorique d&#8217;une paranoà¯a syndicale n&#8217;ont qu&#8217;à  lire <a href="http://www.telerama.fr/monde/les-os-de-l-info,38997.php">l&#8217;impressionnante enquête</a> publiée par Télérama cette semaine, au cÅ“ur de la « news factory » (usine à  infos, sic) de <a href="http://www.nextradiotv.com/">NextRadio TV</a>.</p>
<p>Malheureusement, en voyant ce cauchemardesque futur, beaucoup de confrères de la presse écrite optent pour une posture de principe : ils refusent la vidéo en tant que telle, genre « nous, c&#8217;est la presse écrite et point barre ». C&#8217;est une erreur à  de multiples égards. D&#8217;abord, c&#8217;est une erreur de jugement parce que la vidéo dans une agence de presse locale ne consiste pas à  faire de la télévision régionale mais à  illustrer ponctuellement des sujets avec des images, lorsque le sujet s&#8217;y prête et toujours en complément avec un papier. C&#8217;est une erreur de vision du métier ensuite que de confondre la pratique avec la forme : lorsqu&#8217;on est journaliste, on doit l&#8217;être quelque soient les supports de son temps, même si on peut avoir une appétence particulière pour l&#8217;un ou l&#8217;autre. C&#8217;est en ce sens que la démarche du Télégramme me parait la bonne, elle permet à  ses journalistes d&#8217;être polyvalents mais elle n&#8217;exige pas d&#8217;eux qu&#8217;ils se transforment tous en agence de presse multimédia. Ces journalistes vont trouver, dans les mois qui viennent, la bonne formule, le bon rythme et les bons moyens pour diffuser aux Bretons leurs informations au bon moment, au bon format.</p>
<p>Mais surtout, résister à  l&#8217;arrivée de ces technologies multimédias est une erreur dramatique de positionnement. En tant que journalistes, nous avons tout intérêt à  <a href="http://www.themediatrend.info/2009/02/forums-de-discussion-on-essaie.html">nous saisir</a> de ces technologies, à  les dominer pour qu&#8217;elles deviennent des <a href="http://pisani.blog.lemonde.fr/2009/02/16/l%E2%80%99article-n%E2%80%99est-plus-la-seule-forme-de-recit-journalistique/">outils de diffusion</a> de nos informations et à  définir ensemble quelles sont les bonnes conditions d&#8217;emploi de ces technologies dans le cadre d&#8217;une rédaction responsable et efficace. Ce sont justement les postures de principes, adoptées par les syndicats de la profession, qui permettent aux directions de prendre appui sur les nouvelles technologies pour justifier n&#8217;importe quoi comme à  NextRadio TV&#8230; Vu la situation de l&#8217;emploi des journalistes, il y aura toujours des jeunes prêts à  tout pour travailler, ils ne connaissent rien d&#8217;autre, ne savent rien du journalisme&#8230; Sans oublier que pour les jeunes journalistes, ces technologies vont de soi et font partie de leur univers. Comment peut-on s&#8217;étonner qu&#8217;une telle précarisation survienne ?</p>
<p>Il est donc urgent, pour le journalisme, que tous les collègues dans toutes les rédactions se prennent par la main, devancent les plans de leurs directions, annoncés ou en gestation, et s&#8217;approprient toutes les formes actuelles de captation et de diffusion de l&#8217;information : vidéo numérique, écriture web, délais élastiques&#8230; Tous ces concepts ne sont plus des options, ils font partie intégrante de notre métier, quelque soit notre média.</p>
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		<title>On saura toujours tout en lisant le Télégramme de Brest*…</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Feb 2009 16:43:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Imaginez un journal quotidien local où tous les journalistes seraient des « mojos » (mobiles journalists), ces reporters de terrain d&#8217;un nouveau genre, prêts à  capter l&#8217;info sous toutes ses formes et capables de la traiter en vidéo, en texte ou en sonore selon son intérêt. Dans dix ans peut-être ? Eh bien non, Le Télégramme, quotidien breton [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Imaginez un journal quotidien local où tous les journalistes seraient des « mojos » (mobiles journalists), ces reporters de terrain d&#8217;un nouveau genre, prêts à  capter l&#8217;info sous toutes ses formes et capables de la traiter en vidéo, en texte ou en sonore selon son intérêt. Dans dix ans peut-être ? Eh bien non, <a href="http://www.letelegramme.com">Le Télégramme</a>, quotidien breton et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_T%C3%A9l%C3%A9gramme_de_Brest">groupe indépendant</a>, vient de lancer cette révolution dans sa rédaction, une première dans la presse quotidienne régionale (PQR) française.</p>
<p>« Ce fût long », admet Anne Lessard, journaliste du quotidien et coordinatrice de l&#8217;édition numérique mais depuis deux semaines le résultat est là  : la rédaction du quotidien est devenue officiellement « bi-média », c&#8217;est-à -dire capable de fournir des contenus pour le papier ET pour le web, partout, tout le temps, selon les besoins. Impliqué depuis 2002 dans une stratégie agressive de captation d&#8217;audience sur le net, le quotidien a réussi à  éviter l&#8217;écueil de la division de sa rédaction (une pour le web, une pour le print) composée de 220 journalistes pour trois départements.</p>
<p>Tous les reporters de terrain, c&#8217;est-à -dire tous les journalistes hormis la hiérarchie et les secrétaires de rédaction, ont <a href="http://webjournalisme.blogspot.com/2008/12/le-plurimdia-ralit-nouvelle-de-la-pqr.html">reçu un téléphone Nokia N95</a> capable de prendre des photos correctes et de capter une vidéo. « Ce matériel est dédié à  capter l&#8217;imprévu, l&#8217;urgent, précise Anne Lessard, et de l&#8217;envoyer rapidement par email à  l&#8217;édition du web pour être publié immédiatement. Ainsi, la vidéo la plus regardée sur notre site actuellement est celle d&#8217;un 4&#215;4 en train d&#8217;être désensablé, elle a été captée par un de ces téléphones. Elle dure 30 secondes, ne nous a demandé ni montage ni enquête&#8230; » Anne Lessard qualifie ces sujets de « bruts de pomme », probablement une expression locale mais l&#8217;idée est là  : le web est le rendez-vous pour l&#8217;info immédiate, brute, primaire pourrait-on dire et le print l&#8217;endroit pour l&#8217;information contextualisée, recentrée, analysée.</p>
<p>« Bon, on en est pas encore là , » admet Anne Lessard. Mais tous les journalistes de terrain ont ou vont être formés à  la vidéo, chacune des agences du quotidien a reçu une caméra numérique HD, les agences les plus importantes en ont reçu deux et un journaliste reporter d&#8217;images (JRI) spécialisé est disponible pour capter les événements les plus importants. « Pour l&#8217;instant, on demande aux journalistes de nous envoyer les sujets bruts de pomme, explique Anne Lessard. Ils sont montés par les « référents web », un par département. »</p>
<p>Convertir des journalistes de PQR en « mojos » n&#8217;a pas été facile. « Il y a eu beaucoup de résistance, se souvient Anne Lessard. On me répondait qu&#8217;il ne serait pas possible de prendre stylos, appareil photo et caméras à  chaque déplacement, que le temps manquerait, etc. Mais aujourd&#8217;hui, avec seulement 30% des journalistes formés à  la vidéo, notre principal problème est de savoir comment traiter ce flux d&#8217;images qui nous arrive ! Et des collègues qui me certifiaient il y a un an « la vidéo, moi jamais ! » sont aujourd&#8217;hui les principaux contributeurs&#8230; »</p>
<p>Quel est le secret ? D&#8217;abord, pas de précipitation. « La vidéo, à  condition que le sujet la justifie, précise Anne Lessard. On a bien précisé aux collègues qu&#8217;ils n&#8217;auraient pas à  fournir une vidéo par jour ou par semaine. Tout dépend de l&#8217;actualité. » Puis une réalité : « Nos colonnes sont pleines, le nombre de pages tend à  baisser, les coûts du papier augmentent&#8230; Il a fallu expliquer aux reporters qu&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;une autre manière de travailler et qu&#8217;ils y gagneraient en qualité de leur pratique professionnelle. » Tous les journalistes concernés recevront une solide formation vidéo. Mais surtout, l&#8217;instauration de ces nouvelles tches a donné lieu à  un accord avec les syndicats signé en décembre 2008: pas d&#8217;augmentation de salaire mais la création de quatre postes de journalistes chargés du web. Et les localiers pourront se détacher d&#8217;une partie de leur travail, l&#8217;agenda notamment, qui sera repris dans une forme plus exploitable sur le web.</p>
<p>Voilà . Le <a href="http://mediachroniques.ning.com/profiles/blogs/lexemple-le-telegramme">Télégramme montre la voie</a> pour toute la PQR, actuellement en majeure partie engoncée dans des <a href="http://mediawatch.afp.com/?post/2008/12/16/Etats-Generaux-%3A-un-diagnostic-du-Pole-3-Presse-Internet">stratégies divergentes</a>, arcboutée sur  des <a href="http://www.pierrefrance.com/onestmal/2009/01/21/14-solutions-pour-le-journalisme/">arguties de statuts</a>, <a href="http://mediacafe.blogspot.com/2009/01/lettre-ouverte-legerement-au-vitriol-de.html">incapable de produire des contenus en adéquation</a> avec ses nouveaux lecteurs ou <a href="http://www.lepoint.fr/actualites-medias/hersant-gagne-contre-lignac/1253/0/305117">paralysée par des mouvements de capitaux</a> aux issues incertaines. Depuis 2004, la diffusion du Télégramme progresse, un cas unique dans la PQR. Et dans quelques mois, les journalistes du Télégramme seront les seuls journalistes locaux de France capables de diffuser rapidement des informations en ligne dans tous les formats, un avantage intellectuel et industriel qui fera du média <a href="http://www.letelegramme.com">letelegramme.com</a> la première source d&#8217;information pour toute la Bretagne de l&#8217;ouest, quelque soit l&#8217;événement. Vu de l&#8217;autre côté de l&#8217;Hexagone, ça donne envie.</p>
<p>* Et merci à  <a href="http://www.deezer.com/track/2447631">Didier Wampas</a> pour le titre.</p>
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