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	<title>On est mal &#187; Le Monde</title>
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	<description>Blog sur la désagrégation des choses</description>
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		<title>La vaine rébellion des forçats (de l’info)</title>
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		<pubDate>Tue, 26 May 2009 14:26:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Elisabeth Lévy]]></category>
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		<category><![CDATA[Rue89]]></category>
		<category><![CDATA[Xavier Ternisien]]></category>

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		<description><![CDATA[Oyez !!! Oyez !!! Le Monde, journal de référence, daigne s&#8217;intéresser céans au sort des miséreux (de l&#8217;info) que sont les journalistes du web. Or donc, il a été loisible à  Sa Seigneurie Xavier Ternisien d&#8217;ouà¯r les complaintes et les doléances de ces confrères, que les revers de la providence ont tenu éloignés des devoirs [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Oyez !!! Oyez !!! Le Monde, journal de référence, daigne s&#8217;intéresser céans au sort des miséreux (de l&#8217;info) que sont les journalistes du web. Or donc, il a été loisible à  Sa Seigneurie <a href="http://www.twitter.com/xternisien">Xavier Ternisien</a> d&#8217;ouà¯r les complaintes et les doléances de ces confrères, que les revers de la providence ont tenu éloignés des devoirs et mérites d&#8217;ordinaire réservés à  cette noble profession. Oncques ne vit situation plus précaire, Sa Seigneurie en a été émue et a publié un libelle intitulé &laquo;&nbsp;<a title="Forçats de l'info" href="http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2009/05/25/les-forcats-de-l-info_1197692_3236.html" target="_blank">Les forçats de l&#8217;info</a>&laquo;&nbsp;.<span id="more-413"></span></p>
<p>«Alignés devant leurs écrans comme des poulets en batterie», «blafards», recopiant des dépêches sans les vérifier, tellement vite qu&#8217;ils mélangent parfois les sujets&#8230; La description des journalistes du web par Xavier Ternisien à  l&#8217;issue de son enquête dans les rédaction web de France laisse peu de doutes sur les conditions de travail de ces journalistes, souvent jeunes, souvent en contrats précaires et souvent mal considérés par le reste de la profession.</p>
<p>Le papier rappelle évidemment l&#8217;enquête de Télérama, &laquo;&nbsp;<a href="http://www.telerama.fr/monde/les-os-de-l-info,38997.php">Les OS de l&#8217;info</a>&laquo;&nbsp;, à  peu près sur le même sujet et tout ceci décrit une réalité décrite par Bernard Poulet dans son livre &laquo;&nbsp;La fin des journaux&nbsp;&raquo; (Gallimard), lequel avait également utilisé la même expression pour parler d&#8217;une profession qui &laquo;&nbsp;traite&nbsp;&raquo; l&#8217;information mais d&#8217;où le &laquo;&nbsp;journalisme&nbsp;&raquo;, à  savoir la recherche des informations, leur vérification, leur rendu, etc. serait absent.</p>
<p>Bon, le papier de Ternisien a fait beaucoup de bruit dans la (petite) sphère des journalistes web, qui a répondu notamment par deux chroniques en réplique: &laquo;&nbsp;<a href="Non, sur le Net, les journalistes ne sont pas tous des « forçats »" target="_blank">Non, sur le net, les journalistes ne sont pas tous des forçats</a>&nbsp;&raquo; de Arnaud Aubron, chez Rue89 et &laquo;&nbsp;<a href="http://blogs.lexpress.fr/nouvelleformule/2009/05/xavier-ternissen-est-le-nouvea.php">Et mon cul (posé à  côté du téléscripteur), c&#8217;est du poulet Xavier ?</a>&nbsp;&raquo; (j&#8217;adore le titre) de Eric Mettout, red&#8217;chef de L&#8217;Express.fr.</p>
<p>Je m&#8217;apprête à  ajouter mon grain de sel et donc autant l&#8217;avouer tout de suite, moi, journaliste web (mais affranchi, je suis payé autant qu&#8217;un collègue du papier), je suis plutôt d&#8217;accord avec le constat dressé par Ternisien. Et si je comprends les réactions d&#8217;Arnaud Aubron et d&#8217;Eric Mettout, je les trouve mal dirigées.</p>
<p>Je m&#8217;explique. Que dit Ternisien ? Que sur le web, en majorité, les rédactions fonctionnent à  minima, avec des journalistes sous-payés et du travail bclé. Alors certes, à  <a title="Rue89" href="http://www.rue89.com" target="_blank">Rue89</a> (et <a title="MediaPart" href="http://www.mediapart.fr" target="_blank">MediaPart</a>, <a title="@SI" href="http://www.arretsurimages.net" target="_blank">@SI</a>&#8230;), ce n&#8217;est pas le cas. Leurs journalistes produisent leurs propres enquêtes et ils ont pris le parti en 2005, justement, de ne pas republier les dépêches parce qu&#8217;on les trouve partout sur le net. Mais Rue89, MediaPart et consorts, ce sont les Rolls des rédactions web car si on les trouve partout ces fameuses dépêches, c&#8217;est bien parce qu&#8217;il y a, en grand nombre, des OS de l&#8217;info qui les retraitent partout ailleurs en permanence et je suis désolé, mais chers confrères, il faut vous en rendre compte, la grande majorité de l&#8217;information publiée sur le net, ce n&#8217;est que ça. J&#8217;en connais, des collègues, qui démarrent leurs &laquo;&nbsp;shift&nbsp;&raquo; à  6h une semaine sur deux, d&#8217;autres qui font les 3/8, pressés de publier n&#8217;importe quoi, du moment que &laquo;&nbsp;ça clique&nbsp;&raquo;, déconnectés des sujets qu&#8217;ils traitent, etc.</p>
<p>Et je suis désolé d&#8217;abonder avec Ternisien, mais ces conditions de travail sont propres au web et ont été importées dans notre profession avec l&#8217;<a title="On est mal" href="http://www.pierrefrance.com/onestmal/2009/02/20/la-fin-des-options-multimedias/" target="_blank">excuse du multimédia</a>. Ce constat ne date pas d&#8217;hier, Cohen et Lévy dans &laquo;&nbsp;<a href="http://novovision.fr/?Le-journalisme-a-mal-tourne">Notre métier a mal tourné</a>&nbsp;&raquo; (Mille et Une Nuits) avaient déjà  écrit comment les journalistes du web croisaient leurs homologues du papier mais sans jamais les rencontrer, dans un ballet quotidien où les premiers sortaient les yeux rouges d&#8217;une nuit à  recracher de l&#8217;info tandis que les autres débutaient une journée à  essayer de trouver les leurs.</p>
<p>Alors l&#8217;ennui avec l&#8217;article de Ternisien, c&#8217;est qu&#8217;écrit par un journaliste du papier, média noble, il peut paraître condescendant envers les journalistes web et tend à  accréditer la <a title="Esprit Blog" href="http://www.espritblog.com/index.php/2009/05/19/multimedia-une-question-de-regard/" target="_blank">thèse selon laquelle tout ce qui est publié sur le web ne vaut rien</a>. D&#8217;où la réaction épidermique des collègues et une opinion contre laquelle, évidemment, je m&#8217;inscris en faux. Le web, c&#8217;est formidable d&#8217;un point de vue journalistique (je l&#8217;explique à  longueurs de posts dans ce blog alors j&#8217;abrège ici) et probablement la meilleure chance de se réinventer que cette profession n&#8217;ait jamais eue depuis Renaudot.</p>
<p>L&#8217;ennui, c&#8217;est que les possibles de l&#8217;Internet, pour l&#8217;instant, <a title="On est mal" href="http://www.pierrefrance.com/onestmal/2009/05/03/le-multimedia-ca-paie-pas/" target="_blank">tout le monde s&#8217;en fout</a> et que dans les hiérarchies des grands médias, on s&#8217;attache plutôt à  &laquo;&nbsp;publier plus&nbsp;&raquo; qu&#8217;à  &laquo;&nbsp;produire mieux&nbsp;&raquo;. D&#8217;une part, parce que ça coûte moins cher et que ça rapporte plus (la plupart des sites web sont adossés à  l&#8217;audience) et d&#8217;autre part, parce qu&#8217;aux commandes de ces médias, les responsables n&#8217;ont bien souvent aucune idée de ce que peut être le journalisme sur l&#8217;Internet, voire ils s&#8217;en méfient.</p>
<p>Donc oui, Ternisien a raison, les rédactions web, en France, aujourd&#8217;hui, c&#8217;est globalement l&#8217;usine à  dépêches et il faut le dénoncer. Mais <a title="Misspress" href="http://misspress.wordpress.com/2009/05/26/est-ce-que-je-suis-une-forcat-de-linfo/" target="_blank">la relève est prête</a> et cette situation, largement héritée de l&#8217;incompétence et d&#8217;une inertie professionnelle héritée du passé, va changer. On parlera alors peut-être des &laquo;&nbsp;ingénieurs&nbsp;&raquo; de l&#8217;info et ce sera tant mieux.</p>
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		<title>Ne nous emmêlons pas les doigts avec le multimédia</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Nov 2008 13:51:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Plus les technologies de publication progressent, plus les mentalités évoluent, et plus les journalistes font preuve d&#8217;audace dans leurs reportages multimédias. Les lecteurs de ce blog connaissent déjà  MediaStorm et Flyp, les diaporamas de MediaPart, il y a Dipity qui permet de publier des lignes temporelles, Vuvox, qui permet de réaliser des collages multimédias, comme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Plus les technologies de publication progressent, plus les mentalités évoluent, et plus les journalistes font preuve d&#8217;audace dans leurs reportages multimédias. Les lecteurs de ce blog connaissent déjà  <a href="http://mediastorm.org/">MediaStorm</a> et <a href="http://www.flypmedia.com/">Flyp</a>, les diaporamas de <a href="http://www.mediapart.fr/journal/economie/041108/comme-un-air-de-revolte-a-la-pointe-des-ardennes">MediaPart</a>, il y a <a href="http://www.dipity.com">Dipity</a> qui permet de publier des <a href="http://www.universmedias.com/?p=798">lignes temporelles</a>, <a href="http://www.vuvox.com">Vuvox</a>, qui permet de réaliser des collages multimédias, comme ce <a href="http://reportage.hautetfort.com/">reportage au bout de la chaîne de recyclage des composants électroniques en Chine</a>, <a href="http://picasa.google.com">Picasa</a>, <a href="http://www.flickr.com">Flickr</a>, et d&#8217;autres plates-formes sont utilisées par les mêmes <a href="http://haiti.tumblr.com/">reporters en Haà¯ti</a>&#8230; Le but étant à  chaque fois de s&#8217;extraire des contraintes linéaires de publication, moules hérités du papier ou de la télé, pour permettre au lecteur d&#8217;être actif pendant sa consommation de l&#8217;info, et lui offrir de nombreuses clés de contextualisation, à  portée de clic, tout en utilisant meilleur média disponible selon l&#8217;information à  transmettre. C&#8217;est ça l&#8217;avenir du journalisme en ligne de qualité, c&#8217;est la force de ce média protéiforme.</p>
<p>Le webreportage a été poussé très loin par une agence de production de contenu multimédia, <a href="http://honkytonk.fr">HonkyTonk</a>, dans cette <a href="http://www.lemonde.fr/web/vi/0,47-0@2-3216,54-1118477,0.html">aventure dans les mines de charbon</a> de Chine, la source principale d&#8217;énergie pour l&#8217;usine de la planète, publiée sur <a href="http://www.lemonde.fr">LeMonde.fr</a>. Si vous n&#8217;avez pas encore vu ce reportage, courrez-y, mettez le son à  fond, le plein écran et asseyez-vous confortablement. Puis revenez ici, j&#8217;ai deux-trois trucs à  vous dire.</p>
<p><em>Interlude.<br />
</em></p>
<p>Alors vous voilà  de retour, vous avez été emmené dans les noires vallées de Chine. Vous avez posé des questions plus ou moins gênantes et vous avez probablement rencontré à  plusieurs reprises un responsable du Parti communiste chinois, vous invitant à  retourner à  Pékin. Mais comme vous êtes un vrai journaliste, du genre de ceux qui en ont, vous ne vous êtes pas laissé faire et, n&#8217;écoutant que votre courage, inspiré par Albert Londres, vous avez recueilli la vraie parole des mineurs du fond.</p>
<p>Sauf que&#8230; ce voyage de journaliste n&#8217;a jamais eu lieu. Comme les auteurs l&#8217;expliquent dans une <a href="http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/11/18/voyage-au-bout-du-charbon-un-webdocumentaire-au-c-ur-de-la-realite_1119410_3216.html">interview publiée dans Le Monde</a>, ils ne se sont pas faits arrêter par les autorités chinoises, les voix qu&#8217;on entend ne sont pas celles des personnes que l&#8217;on voit sur les photos, et ils ont dû prendre des libertés avec les faits pour construire leur histoire. Les auteurs affirment dans l&#8217;interview qu&#8217;il y a un « avertissement » au départ, je ne l&#8217;ai pas vu (mais j&#8217;étais probablement trop occupé à  savourer les superbes photos et à  déguster l&#8217;exceptionnel environnement sonore).</p>
<p>Il ne s&#8217;agit pas ici de dénigrer le travail de Samuel Bollendorff et d&#8217;Arnaud Dressen. Mais en le publiant sur le site du journal Le Monde, les auteurs ont commis une faute : celle de vouloir faire passer un travail documentaire scénarisé pour un travail de journaliste. Et c&#8217;est là  que ça me dérange.</p>
<p>Parce que ce genre de libertés prises avec la réalité, c&#8217;est la signature d&#8217;un certain journalisme de télévision, celui qui préfère s&#8217;appuyer sur l&#8217;émotion, l&#8217;image, le sensationnalisme, prêt à  occulter une partie des faits s&#8217;ils perturbent la trame générale&#8230; C&#8217;est un genre de journalisme trop largement dominant à  la télévision et dont les internautes, quand ils cherchent à  s&#8217;informer sur le net, veulent s&#8217;affranchir.</p>
<p>Mais alors qu&#8217;il existe des raisons objectives et techniques aux choix faits par les journalistes de télévision (le temps nécessaire pour diffuser les infos par exemple, il n&#8217;y a qu&#8217;un seul canal, l&#8217;image et le son), les journalistes sur le web n&#8217;ont pas ces excuses. Ils doivent être aussi précis que des journalistes de presse écrite, tout en produisant des contenus aussi sexy que ceux des journalistes télé. Les modes d&#8217;expression multimédias sont fantastiques et augurent d&#8217;un futur du journalisme brillant mais <a href="http://www.journalistiques.fr/post/2008/11/24/Webreportage-en-Haiti%3A-un-modele-de-journalisme-actuel">quitte à  passer pour un grincheux</a>, je pense qu&#8217;il convient de prendre garde, dès à  présent, à  ce que les possibilités techniques n&#8217;entrainent par les journalistes vers les mêmes dérives que celles qui ont conduit trop de gens à  se méfier des journalistes.</p>
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		<title>Audience des sites web : tout le monde, il est premier</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Oct 2008 15:44:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Audience]]></category>
		<category><![CDATA[Le Figaro]]></category>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est la fête dans les rédactions. L&#8217;OJD, organisme qui mesure la diffusion de la presse écrite et l&#8217;audience de leurs sites web, vient de publier les chiffres pour septembre 2008. Le calcul a été légèrement modifié : désormais les sites d&#8217;un groupe dépassant 15% de l&#8217;audience totale doivent être comptabilisés à  part. Une distinction qui permet [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est la fête dans les rédactions. L&#8217;<a href="http://www.ojd.com/">OJD</a>, organisme qui mesure la diffusion de la presse écrite et l&#8217;audience de leurs sites web, vient de publier les chiffres pour <a href="http://www.ojd.com/engine/news/news_detail.php?id=179">septembre 2008</a>. Le calcul a été légèrement modifié : désormais les sites d&#8217;un groupe dépassant 15% de l&#8217;audience totale doivent être comptabilisés à  part. Une distinction qui permet au Monde.fr de récupérer sa place de premier site d&#8217;informations français avec 38,4 millions de visiteurs uniques devant le Figaro.fr qui est crédité de 18 millions.</p>
<p>Le Monde s&#8217;est logiquement <a href="http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/10/10/le-monde-fr-est-le-premier-site-d-information-sur-internet_1105279_0.html">félicité</a> de cette performance. Du coup, le Figaro.fr, qui avait clamé le leadership en France en plein été, avec squat de la couverture papier et force promotion, s&#8217;est cru obligé de réagir avec un <a href="http://www.lefigaro.fr/medias/2008/10/10/04002-20081010ARTFIG00516--millions-de-visiteurs-uniques-pour-lefigarofr-.php">petit article publié le 10 octobre</a>, lequel voudrait faire croire que Lefigaro.fr est toujours premier !</p>
<p>Difficile de s&#8217;y retrouver ? C&#8217;est pour tout le monde pareil. Libération (qui n&#8217;est premier nulle part pour le coup) a publié un <a href="http://www.ecrans.fr/Audience-web-L-OJD-change-les,5391.html">article fort informatif</a> sur ces étranges conclusions. Moi, d&#8217;après ce que je comprends, c&#8217;est qu&#8217;il faudra veiller à  l&#8217;avenir qu&#8217;aucun sous-site ne dépasse les 15% de l&#8217;ensemble ! ça va devenir compliqué de monter des projets d&#8217;audience&#8230; et lepost.fr a intérêt à  surveiller ses chiffres de près.</p>
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		<title>Et ma valeur, elle compte pour du beurre ?</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Sep 2008 17:39:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Rue89]]></category>
		<category><![CDATA[Slate.com]]></category>
		<category><![CDATA[valeur]]></category>

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		<description><![CDATA[On en parlait ici-même il y a quelques jours, la pub ne permet pas de financer un site éditorial. Frédéric Filloux, un ancien de Libé et de 20 minutes, en fournit une brutale confirmation dans son dernier post sur Monday Note. Il a fait les comptes : « En migrant du print vers le web, les médias [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On en parlait <a href="http://www.pierrefrance.com/onestmal/2008/09/13/la-pub-ca-paie-pas-ca-eut-paye/">ici-même</a> il y a quelques jours, la pub ne permet pas de financer un site éditorial. Frédéric Filloux, un ancien de Libé et de 20 minutes, en fournit une brutale confirmation dans son dernier <a href="http://www.mondaynote.com/?p=961">post</a> sur Monday Note. Il a fait les comptes : « En migrant du print vers le web, les médias perdront 100‚¬ pour gagner 8‚¬. »</p>
<p style="margin-left: 36pt">Un journaliste (tout compris), c&#8217;est 60 000 ‚¬ par an,<br />
Un site éditorial quotidien, c&#8217;est en gros 830 000 ‚¬ par mois,<br />
Un visiteur unique génère en pub entre 0,10 ‚¬ et 0,25 ‚¬ (s&#8217;il est bien vendu),</p>
<p>Donc il faut au minimum 8,3 millions de visiteurs uniques (mVU) pour financer un site éditorial quotidien.</p>
<p>Puis Frédéric Filloux regarde alors les audiences des sites éditoriaux « pure web » majeurs :
</p>
<p style="margin-left: 36pt">- The Huffington Post: entre 4 mVU et 6 mVU<br />
- Slate.com:   &lt;3 mVU<br />
- Tech Crunch:  3,2 mVU<br />
- The Drudge Report:  3 mVU<br />
- J&#8217;ajoute Rue89: &lt; 1 mVU</p>
<p>Et chez les sites qui profitent de la production d&#8217;une rédaction ancienne et d&#8217;une marque établie :
</p>
<p style="margin-left: 36pt">- New York Times online:  21 mVU<br />
- USA Today :  11 mVU<br />
- WashingtonPost.com:  9 mVU<br />
- LeFigaro.fr:   4.2 mVU<br />
- LeMonde.fr:  3.5mVU
</p>
<p style="margin-left: 36pt">Il conclue: « Nous sommes encore loin d&#8217;un équilibre. »</p>
<p>ça fait froid dans le dos, mais il y a pire. Car on pourrait se dire, puisque la publicité n&#8217;a pas les reins assez solides pour soutenir la presse en ligne, qu&#8217;on s&#8217;en passe et vendons notre information directement à  nos lecteurs. Eh bien non, car comme l&#8217;a remarqué Jeff Mignon, « <a href="http://mediachroniques.ning.com/profiles/blog/show?id=2100423%3ABlogPost%3A3481">la presse traverse une crise profonde de valeur. </a>»</p>
<p style="margin-left: 36pt">« La valeur de l&#8217;information proposée par les médias est de moins en moins perçue par les consommateurs. Et qui ne perçoit pas de la valeur dans un produit/service ne paye pas pour, ou paye moins (valeur d&#8217;échange). (&#8230;) La presse traverse une crise de valeur sans précédent. Sans un questionnement profond sur cette problématique fondamentale de tout produit et service, elle ne sortira pas de la crise dans laquelle elle s&#8217;enfonce. »</p>
<p>Bref, on est coincés. Les deux piliers de recettes soutenant les journaux se désagrègent lorsqu&#8217;ils sont mis en Å“uvre pour l&#8217;édition en ligne. Et même si les coûts d&#8217;une publication sur le web sont allégés, il faut quand même bien payer les journalistes (et pas avec des <a href="https://lists.typhon.net/pipermail/journaliste/2008-September/001489.html">miettes</a> svp) et la bande passante. Et puisque les lecteurs considèrent désormais comme incongrue l&#8217;idée de payer leur information, et que la publicité ne rapporte que des centimes, les journaux ne devraient pas tarder <a href="http://newsosaur.blogspot.com/2008/09/make-or-break-time-for-newspapers.html">à  disparaître</a>. Ce qui, <a href="http://novovision.fr/?Si-les-medias-meurent-est-ce-si">selon Narvic</a>, ne serait pas grave.</p>
<p>Eh bien j&#8217;ai l&#8217;honneur d&#8217;être en désaccord avec ces conclusions. Si, c&#8217;est grave si les médias disparaissent avec leurs journalistes. Je vais encore avoir l&#8217;air de plaider pour ma profession, mais le modèle selon lequel l&#8217;information ne pourrait être produite par une batterie de spécialistes, chacun sur leurs médias ou blogs, puis agrégée afin d&#8217;être redistribuée au compte-goutte auprès d&#8217;une audience large mais protéiforme ne me parait toujours pas crédible. J&#8217;ai la tête dure.</p>
<p>S&#8217;informer ainsi peut être séduisant intellectuellement, on peut s&#8217;y plaire en butinant ça et là  mais l&#8217;exercice demande beaucoup de temps&#8230; Pour beaucoup, ce travail est réalisé dans le cadre professionnel déjà . Produire le même effort au quotidien juste pour son information générale, qui demeure du domaine du loisir, du luxe, me parait insensé. On demandera encore longtemps aux journalistes de sélectionner ce qui, selon eux, s&#8217;est passé de plus important en France, dans le monde ou dans la construction mécanique ou l&#8217;élevage des ovins&#8230;</p>
<p>« Cover what you do best, link to the rest » (Publiez ce que vous faites de mieux, pointez vers le reste) <a href="http://www.buzzmachine.com/2007/02/22/new-rule-cover-what-you-do-best-link-to-the-rest/">dit Jeff Jarvis</a>, également grand prédicateur de la fin des médias. Ok, mais à  condition que ça ne se transforme pas en « Ne publiez que ce que personne d&#8217;autre ne publiera de toutes façons et contentez-vous de la production d&#8217;autres pour le reste ». Je pense, comme <a href="http://blogs.lexpress.fr/nouvelleformule">Eric Mettout</a> (<a href="http://mediachroniques.ning.com/profiles/blog/show?id=2100423:BlogPost:3481&amp;page=1">ici</a>), que l&#8217;une des vertus du journaliste est de n&#8217;être le meilleur sur rien, mais moyen en tout, de pouvoir s&#8217;adresser aux meilleurs et d&#8217;en tirer une information utilisable par tous. ça n&#8217;a l&#8217;air de rien, c&#8217;est pour ça d&#8217;ailleurs que tout le monde pense pouvoir le faire, mais croyez-moi, c&#8217;est un vrai métier.</p>
<p>Ceux qui prônent ce modèle d&#8217;informations « self service » oublient trop souvent que la valeur ajoutée d&#8217;un journaliste sur une information existe, parfois juste dans la sélection de cette information.</p>
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		<title>Et hop, 86 journalistes de moins&#8230; ou de plus</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Apr 2008 14:05:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Le Monde]]></category>
		<category><![CDATA[participation]]></category>
		<category><![CDATA[presse]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;est officiel depuis quelques jours, Le Monde supprime 130 postes dont 86 journalistes. Une cure d&#8217;amaigrissement sévère, afin que le groupe de presse puisse présenter un profil plus acceptable auprès d&#8217;éventuels investisseurs : en 2007, le groupe a perdu 15,6 millions d&#8217;euros. Voilà  où on en est. On parle bien du Monde, le quotidien de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est officiel depuis quelques jours, <a href="http://www.mediapart.fr/journal/france/040408/en-pleine-crise-financiere-le-monde-supprime-130-postes">Le Monde supprime 130 postes</a> dont 86 journalistes. Une cure d&#8217;amaigrissement sévère, afin que le groupe de presse puisse présenter un profil plus acceptable auprès d&#8217;éventuels investisseurs : en 2007, le groupe a perdu 15,6 millions d&#8217;euros.</p>
<p>Voilà  où on en est. On parle bien du Monde, le quotidien de référence français, le phare du journalisme hexagonal, le point de départ de l&#8217;actualité nationale. Demain, la roue médiatique continuera de tourner avec 86 journalistes de moins et qui le remarquera ? Finalement, qui va remarquer que Le Monde ira moins loin, sera moins précis ? ça intéresse qui Le Monde aujourd&#8217;hui ? Jusqu&#8217;où peut-on aller dans l&#8217;anorexie de l&#8217;information, à  l&#8217;échelle d&#8217;un pays comme la France ?</p>
<p>Parce que bien entendu, les raisons de cette crise ne manquent pas et notamment, les investissements dithyrambiques de l&#8217;équipe précédente peuvent en expliquer une bonne partie. Pour le New Yorker, les journaux papiers sont de toute façon <a href="http://www.newyorker.com/reporting/2008/03/31/080331fa_fact_alterman?currentPage=all">en train de mourir</a>, victimes d&#8217;un changement des habitudes des lecteurs, d&#8217;une défiance croissante envers les médias et d&#8217;une fuite des annonceurs&#8230; L&#8217;article fait état d&#8217;un livre prophétisant la livraison du dernier journal papier en 2043.</p>
<p>Alors Le Monde va-t-il disparaître ? Est-ce que le journal de référence serait une espèce de Titanic médiatique, qui n&#8217;aurait pas viré de bord suffisamment tôt devant l&#8217;iceberg Internet ? Peut-être va-t-il couler mais finalement, est-ce le plus important ? Non, le plus important est que cette annonce préfigure d&#8217;un avenir médiatique bien sombre à  mes yeux, un avenir où une information publiée ici ou là  en vaudra une autre publiée ailleurs sur l&#8217;Internet et où les quelques journalistes survivants s&#8217;attacheront à  s&#8217;assurer que ce qu&#8217;ils relaient sur leurs sites ne leur vaudra pas un procès.</p>
<p>On en finit pas d&#8217;enterrer le journalisme, depuis qu&#8217;on a décidé qu&#8217;une information en provenance d&#8217;une communauté en valait bien une autre dénichée par un journaliste. Ainsi se construit le modèle économique du média de demain : des titres en couverture fournis par un minimum de journalistes, et derrière un torrent d&#8217;articles produits par une communauté qu&#8217;on s&#8217;attache à  fidéliser (on parle de <a href="http://mediawatch.afp.com/?post/2008/03/25/Mullet-Strategy">Mullet Strategy, voir l&#8217;article de l&#8217;AFP Media Watch</a>).</p>
<p>Moi je veux bien mais je distingue au moins deux effets pervers qui nous attendent au bas de cette pente glissante. D&#8217;abord, un système médiatique a besoin de références. En France, Le Monde en est une et toute la chaîne de l&#8217;information en dépend. S&#8217;il s&#8217;efface demain, qui va reprendre ce rôle ? Certainement pas les titres de l&#8217;Internet avec leur économie entièrement dépendante de la publicité. Sans référence pour se jauger, l&#8217;information n&#8217;a aucune valeur et sans valeur, je vois mal comment elle pourrait intéresser quiconque.</p>
<p>Ensuite, les communautés ne sont pas extensibles. Le Monde a bien quelques blogs, mais les rares existants encore sont ceux&#8230; de ses journalistes et correspondants, Rue89 rame pour récolter des contributions issues de sa communauté&#8230; Alors qu&#8217;on s&#8217;échine dans la presse papier à  créer des pages attractives pour tenter d&#8217;attraper les quelques minutes que veulent bien (soit disant) accorder les gens à  la lecture, il semblerait que sur l&#8217;Internet, ces mêmes gens soient non seulement plus disponibles mais en plus, prêts à  écrire et contribuer, et ce en faveur de plusieurs titres ? Quand ça exactement, entre le coucher du petit dernier et le brossage des dents ?</p>
<p>J&#8217;ai bien peur qu&#8217;à  ce rythme, on aille rapidement vers la réalisation d&#8217;un monde médiatique sans journaliste (ou tous journalistes, c&#8217;est pareil). En attendant, la communauté des lecteurs vient de s&#8217;enrichir de 86 contributeurs potentiels&#8230;</p>
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		<title>Ainsi notre métier aurait mal tourné&#8230;</title>
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		<pubDate>Sat, 08 Mar 2008 14:52:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Elisabeth Lévy]]></category>
		<category><![CDATA[Le Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Cohen]]></category>

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		<description><![CDATA[Philippe Cohen et Elisabeth Lévy ont signé un ouvrage, « Notre métier a mal tourné €“ Deux journalistes s&#8217;énervent » (Mille et Une nuits), dans lequel ils livrent leur analyse des maux qui plombent le journalisme d&#8217;aujourd&#8217;hui. Je ne vais pas répondre à  un livre de 200 pages par un post de blog, mais voici quand même [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Philippe Cohen et Elisabeth Lévy ont signé un ouvrage, « Notre métier a mal tourné €“ Deux journalistes s&#8217;énervent » (Mille et Une nuits), dans lequel ils livrent leur analyse des maux qui plombent le journalisme d&#8217;aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Je ne vais pas répondre à  un livre de 200 pages par un post de blog, mais voici quand même quelques réflexions à  chaud, et c&#8217;est le cas de le dire, après la lecture de cet essai qui m&#8217;a fait passer par toutes les couleurs émotionnelles.</p>
<p>Les premiers chapitres sont dédiés à  l&#8217;argumentation de la thèse du livre : le journalisme est (devenu) une idéologie. Et comme toute idéologie, il a mal tourné car il est devenu un pouvoir de premier plan, consubstantiel à  la démocratie et donc par là , inattaquable. On pourrait, pour la beauté de la discussion, adhérer à  cette thèse si on n&#8217;avait pas sans cesse l&#8217;impression que les deux auteurs s&#8217;en servent pour régler leurs comptes personnels avec une partie du petit monde des journalistes parisiens auquel ils appartiennent.</p>
<p>Philippe Cohen est l&#8217;auteur du remarqué « La face cachée du Monde », qu&#8217;il a co-signé avec Pierre Péan. Le ressentiment qu&#8217;il a contre son ancien journal et surtout contre son ancien triumvirat (Plenel, Colombani, Minc) transpire à  toutes les pages, si bien qu&#8217;il semble vouloir généraliser l&#8217;exemple du Monde à  toute la presse. Je résume : les enfants de Mai 68, plutôt que de devenir des hommes politiques, sont devenus des journalistes. Leurs logiques totalitaristes ont déteint sur leur façon de faire du journalisme, et en s&#8217;érigeant en exemples, en chevaliers de la vertu démocratique, ils ont instrumentalisé les médias et entrainé le reste de la profession vers cet abîme où les lecteurs ne reconnaissent plus leurs journaux.</p>
<p>Je ne partage pas cette analyse. Si le journalisme a mal tourné, c&#8217;est avant tout parce que la profession n&#8217;a jamais pu voir venir la météorite de la « communication de masse », c&#8217;est parce que les groupes de médias français sont faibles, voire inexistants, et qu&#8217;aucun n&#8217;a vraiment intérêt à  posséder des médias vraiment indépendants. Désarmés, les journalistes sont impuissants face à  une maîtrise de l&#8217;information par des intérêts privés sans cesse plus assumée, plus percutante. Si le journalisme a mal tourné, c&#8217;est parce qu&#8217;il a manqué un virage et c&#8217;est celui de la consolidation économique.</p>
<p>Les auteurs livrent d&#8217;ailleurs à  plusieurs endroits, par petites touches, d&#8217;autres analyses plus justes des dérives du journalisme : la précarisation des journalistes (avec des exemples déprimants du nouvelobs.com), la peur comme premier souci éditorial (également diagnostiqué <a href="http://www.pierrefrance.com/onestmal/2008/tout-couvrir-ne-rien-choisir%E2%80%A6/">ici</a> et <a href="http://www.pierrefrance.com/onestmal/2008/le-journalisme-c%E2%80%99est-des-emmerdes/">ici</a>), la perte du terrain au profit de l&#8217;information de commentaire, etc. Tous ces constats sont justes, et urgents à  prendre en compte. Pourquoi ne pas avoir livré cette analyse en tête du livre ?</p>
<p>Il est dommage qu&#8217;à  chaque fois que des journalistes français prennent leur plume pour diagnostiquer les maux de notre profession, leurs historiques personnels leur brouillent systématiquement les idées&#8230; et ne permettent pas au débat de sortir de l&#8217;ornière parisiano-parisienne (C&#8217;est un peu ce que craint <a href="http://www.versac.net/2008/02/et-si-le-problm.html">Versac avec MediaPart</a>). Tout cela est fort dommage, d&#8217;autant que les derniers chapitres du livre, sur l&#8217;inaptitude des sociétés de rédacteurs à  diriger des médias, sont eux très intéressants et riches d&#8217;enseignements pour l&#8217;avenir économique des médias basés sur l&#8217;Internet.</p>
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		<title>La corruption se porte bien</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Feb 2007 11:06:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Clearstream]]></category>
		<category><![CDATA[Le Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Sarkozy]]></category>

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		<description><![CDATA[Renaud Van Ruymbeke n&#8217;est pas étonné, dans Le Monde, d&#8217;être à  nouveau renvoyé devant le Conseil supérieur de la magistrature. Selon lui, il s&#8217;agit de la « quatrième attaque » du pouvoir contre lui, elle viendrait cette fois de Nicolas Sarkozy. Van Ruymbeke a la peau dure mais il commence à  en avoir marre. Mais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Renaud Van Ruymbeke n&#8217;est pas étonné, dans <a title="Archives du Monde" href="http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&amp;type_item=ART_ARCH_30J&amp;objet_id=975724" target="_blank">Le Monde</a>, d&#8217;être à  nouveau renvoyé devant le Conseil supérieur de la magistrature. Selon lui, il s&#8217;agit de la « quatrième attaque » du pouvoir contre lui, elle viendrait cette fois de Nicolas Sarkozy. Van Ruymbeke a la peau dure mais il commence à  en avoir marre. Mais surtout, ce sont les dégts collatéraux qui le préoccupe :</p>
<blockquote><p>« Les juges financiers sont beaucoup discrédités maintenant. Les politiques n&#8217;ont pas digéré ce qui s&#8217;est passé il y a une quinzaine d&#8217;années. La corruption internationale se porte bien. On ne parle pas du tout de ces questions dans le débat politique. C&#8217;est la fin des affaires financières. »</p></blockquote>
<p>Circulez, il n&#8217;y a rien à  voir. Et de toutes façons, ce qui intéressent les Français, c&#8217;est le chômage, l&#8217;emploi. Van Ruymbeke suit pourtant la trace de 500 millions de dollars de commissions ! C&#8217;est quoi 500 millions ? Une dizaine de lycées,  une portion d&#8217;autoroute, un tiers du budget des pôles de compétitivité&#8230; Combien d&#8217;emplois pourraient être créés avec 500 millions de dollars ? Est-ce que ça ne vaut pas la peine qu&#8217;un juge s&#8217;y intéresse ?</p>
<p>Apparemment non. Pointé du doigt, Nicolas Sarkozy se garde bien de répondre, ou même d&#8217;évoquer les dangers que la corruption d&#8217;Etat peut faire courir à  la démocratie. Le candidat de la droite n&#8217;est pas à  l&#8217;aise dans ce genre de débats : difficile de traiter de « racailles » une partie de ceux qui le soutiennent. Et puis il faut des preuves, des faits. Sorti vainqueur de la ténébreuse affaire Clearstream, il préfère régler ses comptes via juges interposés au lieu de laisser la justice faire son travail. A la manÅ“uvre de l&#8217;appareil d&#8217;état, Sarkozy est bien plus à  l&#8217;aise, comme le démontrent les récentes révélations sur le zèle des Renseignements généraux à  l&#8217;informer sur l&#8217;entourage de sa rivale.</p>
<p>On voit mal dans ces conditions comment la situation pourrait s&#8217;améliorer. Il n&#8217;y a déjà  plus de journalistes suffisamment indépendants pour enquêter sur les affaires financières et il n&#8217;y aura bientôt même plus de juges. Quant à  celui qui flingue le magistrat, il va devenir président de la République.</p>
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