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	<title>On est mal &#187; Elisabeth Lévy</title>
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	<description>Blog sur la désagrégation des choses</description>
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		<title>La vaine rébellion des forçats (de l’info)</title>
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		<pubDate>Tue, 26 May 2009 14:26:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Elisabeth Lévy]]></category>
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		<description><![CDATA[Oyez !!! Oyez !!! Le Monde, journal de référence, daigne s&#8217;intéresser céans au sort des miséreux (de l&#8217;info) que sont les journalistes du web. Or donc, il a été loisible à  Sa Seigneurie Xavier Ternisien d&#8217;ouà¯r les complaintes et les doléances de ces confrères, que les revers de la providence ont tenu éloignés des devoirs [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Oyez !!! Oyez !!! Le Monde, journal de référence, daigne s&#8217;intéresser céans au sort des miséreux (de l&#8217;info) que sont les journalistes du web. Or donc, il a été loisible à  Sa Seigneurie <a href="http://www.twitter.com/xternisien">Xavier Ternisien</a> d&#8217;ouà¯r les complaintes et les doléances de ces confrères, que les revers de la providence ont tenu éloignés des devoirs et mérites d&#8217;ordinaire réservés à  cette noble profession. Oncques ne vit situation plus précaire, Sa Seigneurie en a été émue et a publié un libelle intitulé &laquo;&nbsp;<a title="Forçats de l'info" href="http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2009/05/25/les-forcats-de-l-info_1197692_3236.html" target="_blank">Les forçats de l&#8217;info</a>&laquo;&nbsp;.<span id="more-413"></span></p>
<p>«Alignés devant leurs écrans comme des poulets en batterie», «blafards», recopiant des dépêches sans les vérifier, tellement vite qu&#8217;ils mélangent parfois les sujets&#8230; La description des journalistes du web par Xavier Ternisien à  l&#8217;issue de son enquête dans les rédaction web de France laisse peu de doutes sur les conditions de travail de ces journalistes, souvent jeunes, souvent en contrats précaires et souvent mal considérés par le reste de la profession.</p>
<p>Le papier rappelle évidemment l&#8217;enquête de Télérama, &laquo;&nbsp;<a href="http://www.telerama.fr/monde/les-os-de-l-info,38997.php">Les OS de l&#8217;info</a>&laquo;&nbsp;, à  peu près sur le même sujet et tout ceci décrit une réalité décrite par Bernard Poulet dans son livre &laquo;&nbsp;La fin des journaux&nbsp;&raquo; (Gallimard), lequel avait également utilisé la même expression pour parler d&#8217;une profession qui &laquo;&nbsp;traite&nbsp;&raquo; l&#8217;information mais d&#8217;où le &laquo;&nbsp;journalisme&nbsp;&raquo;, à  savoir la recherche des informations, leur vérification, leur rendu, etc. serait absent.</p>
<p>Bon, le papier de Ternisien a fait beaucoup de bruit dans la (petite) sphère des journalistes web, qui a répondu notamment par deux chroniques en réplique: &laquo;&nbsp;<a href="Non, sur le Net, les journalistes ne sont pas tous des « forçats »" target="_blank">Non, sur le net, les journalistes ne sont pas tous des forçats</a>&nbsp;&raquo; de Arnaud Aubron, chez Rue89 et &laquo;&nbsp;<a href="http://blogs.lexpress.fr/nouvelleformule/2009/05/xavier-ternissen-est-le-nouvea.php">Et mon cul (posé à  côté du téléscripteur), c&#8217;est du poulet Xavier ?</a>&nbsp;&raquo; (j&#8217;adore le titre) de Eric Mettout, red&#8217;chef de L&#8217;Express.fr.</p>
<p>Je m&#8217;apprête à  ajouter mon grain de sel et donc autant l&#8217;avouer tout de suite, moi, journaliste web (mais affranchi, je suis payé autant qu&#8217;un collègue du papier), je suis plutôt d&#8217;accord avec le constat dressé par Ternisien. Et si je comprends les réactions d&#8217;Arnaud Aubron et d&#8217;Eric Mettout, je les trouve mal dirigées.</p>
<p>Je m&#8217;explique. Que dit Ternisien ? Que sur le web, en majorité, les rédactions fonctionnent à  minima, avec des journalistes sous-payés et du travail bclé. Alors certes, à  <a title="Rue89" href="http://www.rue89.com" target="_blank">Rue89</a> (et <a title="MediaPart" href="http://www.mediapart.fr" target="_blank">MediaPart</a>, <a title="@SI" href="http://www.arretsurimages.net" target="_blank">@SI</a>&#8230;), ce n&#8217;est pas le cas. Leurs journalistes produisent leurs propres enquêtes et ils ont pris le parti en 2005, justement, de ne pas republier les dépêches parce qu&#8217;on les trouve partout sur le net. Mais Rue89, MediaPart et consorts, ce sont les Rolls des rédactions web car si on les trouve partout ces fameuses dépêches, c&#8217;est bien parce qu&#8217;il y a, en grand nombre, des OS de l&#8217;info qui les retraitent partout ailleurs en permanence et je suis désolé, mais chers confrères, il faut vous en rendre compte, la grande majorité de l&#8217;information publiée sur le net, ce n&#8217;est que ça. J&#8217;en connais, des collègues, qui démarrent leurs &laquo;&nbsp;shift&nbsp;&raquo; à  6h une semaine sur deux, d&#8217;autres qui font les 3/8, pressés de publier n&#8217;importe quoi, du moment que &laquo;&nbsp;ça clique&nbsp;&raquo;, déconnectés des sujets qu&#8217;ils traitent, etc.</p>
<p>Et je suis désolé d&#8217;abonder avec Ternisien, mais ces conditions de travail sont propres au web et ont été importées dans notre profession avec l&#8217;<a title="On est mal" href="http://www.pierrefrance.com/onestmal/2009/02/20/la-fin-des-options-multimedias/" target="_blank">excuse du multimédia</a>. Ce constat ne date pas d&#8217;hier, Cohen et Lévy dans &laquo;&nbsp;<a href="http://novovision.fr/?Le-journalisme-a-mal-tourne">Notre métier a mal tourné</a>&nbsp;&raquo; (Mille et Une Nuits) avaient déjà  écrit comment les journalistes du web croisaient leurs homologues du papier mais sans jamais les rencontrer, dans un ballet quotidien où les premiers sortaient les yeux rouges d&#8217;une nuit à  recracher de l&#8217;info tandis que les autres débutaient une journée à  essayer de trouver les leurs.</p>
<p>Alors l&#8217;ennui avec l&#8217;article de Ternisien, c&#8217;est qu&#8217;écrit par un journaliste du papier, média noble, il peut paraître condescendant envers les journalistes web et tend à  accréditer la <a title="Esprit Blog" href="http://www.espritblog.com/index.php/2009/05/19/multimedia-une-question-de-regard/" target="_blank">thèse selon laquelle tout ce qui est publié sur le web ne vaut rien</a>. D&#8217;où la réaction épidermique des collègues et une opinion contre laquelle, évidemment, je m&#8217;inscris en faux. Le web, c&#8217;est formidable d&#8217;un point de vue journalistique (je l&#8217;explique à  longueurs de posts dans ce blog alors j&#8217;abrège ici) et probablement la meilleure chance de se réinventer que cette profession n&#8217;ait jamais eue depuis Renaudot.</p>
<p>L&#8217;ennui, c&#8217;est que les possibles de l&#8217;Internet, pour l&#8217;instant, <a title="On est mal" href="http://www.pierrefrance.com/onestmal/2009/05/03/le-multimedia-ca-paie-pas/" target="_blank">tout le monde s&#8217;en fout</a> et que dans les hiérarchies des grands médias, on s&#8217;attache plutôt à  &laquo;&nbsp;publier plus&nbsp;&raquo; qu&#8217;à  &laquo;&nbsp;produire mieux&nbsp;&raquo;. D&#8217;une part, parce que ça coûte moins cher et que ça rapporte plus (la plupart des sites web sont adossés à  l&#8217;audience) et d&#8217;autre part, parce qu&#8217;aux commandes de ces médias, les responsables n&#8217;ont bien souvent aucune idée de ce que peut être le journalisme sur l&#8217;Internet, voire ils s&#8217;en méfient.</p>
<p>Donc oui, Ternisien a raison, les rédactions web, en France, aujourd&#8217;hui, c&#8217;est globalement l&#8217;usine à  dépêches et il faut le dénoncer. Mais <a title="Misspress" href="http://misspress.wordpress.com/2009/05/26/est-ce-que-je-suis-une-forcat-de-linfo/" target="_blank">la relève est prête</a> et cette situation, largement héritée de l&#8217;incompétence et d&#8217;une inertie professionnelle héritée du passé, va changer. On parlera alors peut-être des &laquo;&nbsp;ingénieurs&nbsp;&raquo; de l&#8217;info et ce sera tant mieux.</p>
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		<title>Ainsi notre métier aurait mal tourné&#8230;</title>
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		<pubDate>Sat, 08 Mar 2008 14:52:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Elisabeth Lévy]]></category>
		<category><![CDATA[Le Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Cohen]]></category>

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		<description><![CDATA[Philippe Cohen et Elisabeth Lévy ont signé un ouvrage, « Notre métier a mal tourné €“ Deux journalistes s&#8217;énervent » (Mille et Une nuits), dans lequel ils livrent leur analyse des maux qui plombent le journalisme d&#8217;aujourd&#8217;hui. Je ne vais pas répondre à  un livre de 200 pages par un post de blog, mais voici quand même [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Philippe Cohen et Elisabeth Lévy ont signé un ouvrage, « Notre métier a mal tourné €“ Deux journalistes s&#8217;énervent » (Mille et Une nuits), dans lequel ils livrent leur analyse des maux qui plombent le journalisme d&#8217;aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Je ne vais pas répondre à  un livre de 200 pages par un post de blog, mais voici quand même quelques réflexions à  chaud, et c&#8217;est le cas de le dire, après la lecture de cet essai qui m&#8217;a fait passer par toutes les couleurs émotionnelles.</p>
<p>Les premiers chapitres sont dédiés à  l&#8217;argumentation de la thèse du livre : le journalisme est (devenu) une idéologie. Et comme toute idéologie, il a mal tourné car il est devenu un pouvoir de premier plan, consubstantiel à  la démocratie et donc par là , inattaquable. On pourrait, pour la beauté de la discussion, adhérer à  cette thèse si on n&#8217;avait pas sans cesse l&#8217;impression que les deux auteurs s&#8217;en servent pour régler leurs comptes personnels avec une partie du petit monde des journalistes parisiens auquel ils appartiennent.</p>
<p>Philippe Cohen est l&#8217;auteur du remarqué « La face cachée du Monde », qu&#8217;il a co-signé avec Pierre Péan. Le ressentiment qu&#8217;il a contre son ancien journal et surtout contre son ancien triumvirat (Plenel, Colombani, Minc) transpire à  toutes les pages, si bien qu&#8217;il semble vouloir généraliser l&#8217;exemple du Monde à  toute la presse. Je résume : les enfants de Mai 68, plutôt que de devenir des hommes politiques, sont devenus des journalistes. Leurs logiques totalitaristes ont déteint sur leur façon de faire du journalisme, et en s&#8217;érigeant en exemples, en chevaliers de la vertu démocratique, ils ont instrumentalisé les médias et entrainé le reste de la profession vers cet abîme où les lecteurs ne reconnaissent plus leurs journaux.</p>
<p>Je ne partage pas cette analyse. Si le journalisme a mal tourné, c&#8217;est avant tout parce que la profession n&#8217;a jamais pu voir venir la météorite de la « communication de masse », c&#8217;est parce que les groupes de médias français sont faibles, voire inexistants, et qu&#8217;aucun n&#8217;a vraiment intérêt à  posséder des médias vraiment indépendants. Désarmés, les journalistes sont impuissants face à  une maîtrise de l&#8217;information par des intérêts privés sans cesse plus assumée, plus percutante. Si le journalisme a mal tourné, c&#8217;est parce qu&#8217;il a manqué un virage et c&#8217;est celui de la consolidation économique.</p>
<p>Les auteurs livrent d&#8217;ailleurs à  plusieurs endroits, par petites touches, d&#8217;autres analyses plus justes des dérives du journalisme : la précarisation des journalistes (avec des exemples déprimants du nouvelobs.com), la peur comme premier souci éditorial (également diagnostiqué <a href="http://www.pierrefrance.com/onestmal/2008/tout-couvrir-ne-rien-choisir%E2%80%A6/">ici</a> et <a href="http://www.pierrefrance.com/onestmal/2008/le-journalisme-c%E2%80%99est-des-emmerdes/">ici</a>), la perte du terrain au profit de l&#8217;information de commentaire, etc. Tous ces constats sont justes, et urgents à  prendre en compte. Pourquoi ne pas avoir livré cette analyse en tête du livre ?</p>
<p>Il est dommage qu&#8217;à  chaque fois que des journalistes français prennent leur plume pour diagnostiquer les maux de notre profession, leurs historiques personnels leur brouillent systématiquement les idées&#8230; et ne permettent pas au débat de sortir de l&#8217;ornière parisiano-parisienne (C&#8217;est un peu ce que craint <a href="http://www.versac.net/2008/02/et-si-le-problm.html">Versac avec MediaPart</a>). Tout cela est fort dommage, d&#8217;autant que les derniers chapitres du livre, sur l&#8217;inaptitude des sociétés de rédacteurs à  diriger des médias, sont eux très intéressants et riches d&#8217;enseignements pour l&#8217;avenir économique des médias basés sur l&#8217;Internet.</p>
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