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	<title>On est mal</title>
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	<description>Blog sur la désagrégation des choses</description>
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		<title>On attend toujours les journalistes aux Assises du journalisme</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Oct 2009 14:29:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Assises]]></category>
		<category><![CDATA[Journalisme]]></category>
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		<description><![CDATA[Je m’étais déplacé à Lille pour les premières Assises du journalisme. Quelle n’a pas été ma satisfaction d’apprendre que, pour leur 3e édition, les Assises venaient à Strasbourg ! Chez moi, quoi, limite dans mon salon !
En tant que régional de l’étape, j’ai été invité à participer à plusieurs ateliers : les nouvelles formes du photojournalisme, l’information sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je m’étais <a href="../../../../../../onestmal/tag/assises/">déplacé à Lille</a> pour les premières <a href="http://www.assisesdujournalisme.com/">Assises du journalisme</a>. Quelle n’a pas été ma satisfaction d’apprendre que, pour leur 3<sup>e</sup> édition, les Assises venaient à Strasbourg ! Chez moi, quoi, limite dans mon salon !</p>
<p>En tant que régional de l’étape, j’ai été invité à participer à plusieurs ateliers : <a href="http://www.journalisme.com/content/view/896/88/">les nouvelles formes du photojournalisme</a>, <a href="http://www.journalisme.com/content/view/897/88/">l’information sur le web</a> et la <a href="http://www.journalisme.com/content/view/898/88/">formation au multimédia</a>. J’ai <a href="http://search.twitter.com/search?q=&amp;ands=&amp;phrase=&amp;ors=%40francepierre+%40pierrefrance&amp;nots=&amp;tag=&amp;lang=all&amp;from=&amp;to=&amp;ref=&amp;near=&amp;within=15&amp;units=mi&amp;since=2009-10-05&amp;until=2009-10-09&amp;rpp=50">distillé au fur et à mesure de ces rencontres</a> les thèmes et idées qui me sont chères quant au métier et à ses mutations, et que vous connaissez par cœur en tant que fidèles lecteurs de ce blog. <img src='http://www.pierrefrance.com/onestmal/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Et bien qu’il ait été noté, <a href="http://www.themediatrend.com/wordpress/?p=1843">ici</a> ou <a href="http://aidj.owni.fr/2009/10/10/quelle-information-pour-demain-un-bilan/">là</a>, une participation plus importante que lors des précédentes éditions, je n’ai pas pu m’empêcher de me répéter une question : où étaient les journalistes ?<span id="more-442"></span></p>
<p>Nan mais, entendons-nous bien, des journalistes, il y en avait… parmi les intervenants. Parmi les participants en revanche, il était déjà nettement plus rare de croiser des collègues, de simples collègues comme votre serviteur, dont la pratique du journalisme est l’activité principale. Il y avait des étudiants en journalisme, heureusement qu’ils étaient là –on peut lire leurs compte-rendus <a href="http://aidj.owni.fr/">ici</a> et <a href="http://blog.pressebook.fr/assises-journalisme/">là</a>-, des enseignants, des consultants et divers autres professions en lien avec l’information, mais des journalistes de base, des pratiquants, point*.</p>
<p>Je m’étais déjà <a href="../../../../../../onestmal/2007/03/11/des-assises-bancales/">fait cette réflexion</a> à l’issue des premières Assises. Visiblement, le syndrome perdure. Pourquoi est-ce que notre profession boude ce rendez-vous ? Un collègue s’est laissé aller à ce commentaire –public- sur FaceBook : <em>« J’ai le sentiment que notre profession se regarde le nombril. Il ne ressortira rien de ces Assises, comme des éditions précédentes. Ça me fait toujours mal de voir des journalistes écrire sur leur propre métier, ça tourne en rond. »</em></p>
<p>Ce genre de réflexion me déprime. D’autant plus que j’ai le sentiment qu’elle est partagée par de nombreux collègues. Mais je ne parviens pas à me l’expliquer. De toutes les professions, le journalisme serait la seule qui ne devrait pas se retrouver pour réfléchir sur la pratique du métier ? Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner que <a href="http://www.etatsgenerauxdelapresseecrite.fr/">d’autres réfléchissent à notre place</a> sur le journalisme et <a href="http://searchengineland.com/google-ceo-eric-schmidt-on-newspapers-journalism-27172">les médias</a>…</p>
<p>Quant à <em>« rien ne ressortira des Assises »,</em> fort probable mais enfin, est-ce le but ? Ces rencontres permettent d’abord de réfléchir et de confronter sa pratique à celle des autres, c’est de la formation continue en somme. Réfléchir, formation, ce sont des gros mots en journalisme ?</p>
<p>Non c’est sûr, le mieux est de continuer la tête baissée sur le guidon, à produire des informations que <a href="http://www.sdc-conseil.com/video08/spip.php?article35">plus personne ne veut lire</a>, à couvrir des manifestations dont tout le monde se fout… Il faut s’emmurer et continuer à inonder les kiosques de papiers subventionnés jusqu’au ridicule, jusqu’à ce que mort (des derniers lecteurs) s’en suive. Réfléchir sur le métier, mais enfin pourquoi faire, vraiment !</p>
<p>Brrr.</p>
<p>Alors certes, je comprends que les collègues soient réticents à l’idée de consacrer quelques journées de congés durement gagnées à réfléchir sur l’avenir du journalisme… D’une part peu d’entre eux sont en situation de pouvoir effectivement faire évoluer leurs pratiques et d’autre part, la vaste majorité des débats et ateliers proposaient des thématiques qui ne pouvaient qu&#8217;être survolées en quelques heures… Peut-être faudrait-il proposer des ateliers plus pratiques, comme au Québec, où la profession se retrouve tous les ans au <a href="http://www.fpjq.org/index.php?id=482">congrès de la FPJQ</a>. A ce qu’on m’a dit, les journalistes s’y rendent « en masse ».</p>
<p>Le public était également l’autre grand absent de ces Assises mais en plaçant les débats au Conseil de l’Europe, et sans aucun soutien de la presse alsacienne, le contraire aurait été surprenant.</p>
<p>La volonté de Jérôme Bouvier est de réconcilier les journalistes et leur public. Et franchement c&#8217;est urgent. Mais sans journaliste, et sans public, ce sera difficile !</p>
<p>* Ou qu’ils se signalent en commentaires ! <img src='http://www.pierrefrance.com/onestmal/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </p>
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		<title>Les plans du Crédit Mutuel pour la PQR</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Sep 2009 14:50:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Crédit Mutuel]]></category>
		<category><![CDATA[Ebra]]></category>
		<category><![CDATA[Gérard Lignac]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;affaire a été conclue le 24 juillet mais on ne l&#8217;a appris qu&#8217;hier : la banque Crédit Mutuel s&#8217;est offert le contrôle total du groupe de presse Ebra (Est Bourgogne Rhône-Alpes), en rachetant les 51% que détenaient la famille Lignac par France Est médias. Sur l&#8217;échiquier, ce serait le coup du Berger : désormais, plus rien n&#8217;empêchera [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;affaire a été conclue le 24 juillet mais on ne l&#8217;a appris qu&#8217;hier : la <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/medias/presse/20090907.OBS0346/le_credit_mutuel_a_pris_le_controle_du_progres_et_du_da.html">banque Crédit Mutuel s&#8217;est offert le contrôle total du groupe de presse Ebra</a> (<a href="http://groupe.estrepublicain.fr/">Est Bourgogne Rhône-Alpes</a>), en rachetant les 51% que détenaient la famille Lignac par France Est médias. Sur l&#8217;échiquier, ce serait le coup du Berger : désormais, plus rien n&#8217;empêchera la banque mutualiste de prendre le contrôle total des titres de l&#8217;est de la France. Gérard Lignac, 81 ans, en s&#8217;alliant avec une banque pour constituer un groupe de presse structurellement déficitaire, ne s&#8217;est pas rendu compte que depuis le début, le Crédit Mutuel manœuvrait seul. Pourtant, les indices étaient manifestes. Le Crédit Mutuel <a href="https://www.creditmutuel.fr/cmcee/fr/banques/groupe/filiales.html">contrôle déjà directement</a> deux autres titres majeurs de l&#8217;est : le Républicain Lorrain, depuis décembre 2006, à Metz et L&#8217;Alsace à Mulhouse. Avec les titres d&#8217;Ebra, le Crédit Mutuel est, ou sera en 2012, l&#8217;actionnaire majoritaire de tous les titres de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Presse_%C3%A9crite_r%C3%A9gionale_en_France">presse quotidienne régionale</a> (PQR) à l&#8217;est de Reims jusqu&#8217;à Strasbourg, et jusqu&#8217;en Avignon au sud, ce qui représente plus d&#8217;1,3 million d&#8217;exemplaires quotidiens. <span id="more-428"></span></p>
<p>Et pour quoi faire peut-on légitimement se demander ? Outre un formidable outil d&#8217;influence, le Crédit Mutuel n&#8217;aura aucun mal à valoriser son investissement. Les manœuvres ont déjà commencé et leurs effets se font sentir depuis deux ans dans les rédactions, et ce, bien que la justice ait par <a href="http://www.strategies.fr/actualites/medias/109523W/a-l-est-du-nouveau.html">deux fois invalidé la constitution</a> capitalistique d&#8217;Ebra. Mais pfff, ces juges, qu&#8217;est-ce qu&#8217;ils y comprennent au business ?</p>
<p>D&#8217;abord, regrouper tous ces titres permet de réaliser des « économies d&#8217;échelle », une procédure dont semblent être accros les grands décideurs de ce monde. La mise en place d&#8217;imprimeries communes va permettre de remercier une bonne moitié des remuants et coûteux ouvriers du Livre. Actuellement, les DNA (à Strasbourg) et L&#8217;Alsace (à Mulhouse) disposent tous les deux de rotatives. A 120 km l&#8217;une de l&#8217;autre, c&#8217;est une hérésie comptable. Même constat pour les imprimeries du Républicain Lorrain (à Metz) et de l&#8217;Est républicain (à Nancy), comme pour celles du Progrès de Lyon et du Dauphiné Libéré (à Grenoble). La distribution des journaux peut tout aussi facilement être regroupée, elle est déjà effective en Alsace où le réseau de l&#8217;Alsace diffuse les DNA dans le Haut-Rhin, et vice-versa dans le Bas-Rhin.</p>
<p>Dans les rédactions, les titres du groupe se partagent déjà quelques articles. Les comptes-rendus des grands procès, les reportages l&#8217;étranger comme lors des élections américaines, les suivis d&#8217;événements sportifs comme les Jeux Olympiques ou le Tour de France par exemple, ont déjà été écrits par des journalistes d&#8217;un titre et mis à la disposition des autres journaux du groupe… Il suffira au Crédit Mutuel d&#8217;aller un pas plus en avant, en ne conservant aux titres que leurs rédactions locales, pour concentrer leurs rédactions nationales et internationales en une seule.</p>
<p>Regroupés ainsi, les titres de la PQR disposent en outre d&#8217;une offre inégalable de diffusion des publicités et d&#8217;<a href="http://www.est-legales.com/">annonces légales</a>. Et cette offre est d&#8217;autant plus rentable qu&#8217;elle ne souffre d&#8217;aucune concurrence. Nul besoin d&#8217;être grand clerc pour comprendre que le Crédit Mutuel, en constituant ce groupe, s&#8217;assure une source de revenus de premier choix.</p>
<p>Le Crédit Mutuel, banque de détail, pourra en outre relier son réseau d&#8217;agences à celui de ses titres de presse, diffuser les journaux dans les premières et installer des guichets dans les secondes (la banque l&#8217;a déjà proposé aux DNA à Saverne mais a dû reculer devant la bronca que cette proposition avait déclenchée) et adosser ainsi sa marque à celle de titres très connus du grand public et le plus souvent respectés.</p>
<p>Et, cerise sur le gâteau, le Crédit Mutuel peut enfin occuper les employés d&#8217;<a href="http://www.e-i.com/">Euro-Information</a>, son imposante filiale informatique apparemment en manque d&#8217;activité, en regroupant les services informatiques de tous ces journaux. D&#8217;ores et déjà, le moindre ordinateur à renouveler doit passer par l&#8217;aval d&#8217;Euro-Information ainsi que tous les développements informatiques. Les personnels des services informatiques des journaux sont invités à rejoindre Euro-Info au plus vite…</p>
<p>Cette uniformisation informatique se traduit dans les rédactions par l&#8217;adoption d&#8217;un même logiciel de publication (Eidos Méthode), paramétré par Euro-Info, et sur le net, par l&#8217;apparition de nouvelles versions des sites web. Comparez par exemple l&#8217;excellent travail d&#8217;Euro-Info sur le <a href="http://www.lalsace.fr">site de L&#8217;Alsace</a> et sur celui du <a href="http://www.leprogres.fr">Progrès</a>. Vous trouvez que les sites se ressemblent ? C&#8217;est normal, ce sont les mêmes, seul le logo change. Ce qui donne un aperçu assez clair de la politique que le Crédit Mutuel entend mettre en œuvre pour la PQR dans l&#8217;est…</p>
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		<title>L’étroite fenêtre des sites d’infos locales</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Aug 2009 14:26:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médiatique]]></category>
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		<description><![CDATA[Voilà un an qu&#8217;est né à Strasbourg un web-média hyper-local, StrasTV. Fondé par Joseph Pasquier, 24 ans, StrasTV a su gagner une confortable audience (3000 pages vues et 2000 visites uniques par jour) grâce à quelques bons coups et à la régularité d&#8217;une production qui force l&#8217;admiration (458 vidéos publiées à l&#8217;heure où j&#8217;écris).
Bon, tout ça [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà un an qu&#8217;est né à Strasbourg un web-média hyper-local, <a href="http://www.strastv.com">StrasTV</a>. Fondé par <a href="http://www.facebook.com/profile.php?id=660674729">Joseph Pasquier</a>, 24 ans, StrasTV a su gagner une confortable audience (3000 pages vues et 2000 visites uniques par jour) grâce à quelques bons coups et à la régularité d&#8217;une production qui force l&#8217;admiration (458 vidéos publiées à l&#8217;heure où j&#8217;écris).<span id="more-423"></span></p>
<p>Bon, tout ça c&#8217;est très bien Joseph, suis-je tenté de dire, mais après ? Je lui ai posé cette question et voilà ce qu&#8217;il m&#8217;a répondu :</p>
<p><em>« Je suis un journaliste de télé mais je vois tous mes potes s&#8217;éloigner de la télévision. Aujourd&#8217;hui, les gens sont plus souvent devant leur ordinateur que devant la télé. Même ma mère ! Et puis je mesure aussi la force du buzz à l&#8217;heure d&#8217;Internet. Etant donné que l&#8217;investissement pour créer un média sur le web est minime (4000€ pour une caméra et le site), j&#8217;ai créé StrasTV avec pour ambition que le site s&#8217;impose dans la dizaine que consultent les Strasbourgeois chaque jour. »<br />
</em></p>
<p>Aux DNA, quand on l&#8217;a vu arriver, évidemment, on a un peu tiqué. Est-ce qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;occuper un vide ai-je demandé perfidement ? <em>« Ah non non, </em>a-t-il répondu avec malice.<em> Il ne s&#8217;agit ni de concurrencer France 3 ni les DNA… Il s&#8217;agit juste d&#8217;une mise en valeur quotidienne de l&#8217;actualité locale, en se concentrant sur celle créée par les Strasbourgeois. »<br />
</em></p>
<p>Mouais. Bon et dis-moi Joseph, est-ce que ça remplit la gamelle ton StrasTV, là ? <em>« Non, tout l&#8217;argent est réinvesti dans l&#8217;amélioration du site et dans le dédommagement des stagiaires qui m&#8217;aident ponctuellement. »</em></p>
<p>L&#8217;éternelle question du modèle économique d&#8217;un média sur le web se pose évidemment avec brutalité lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de créer des médias hyper-locaux… Puisqu&#8217;un site national comme <a href="http://www.republique-des-lettres.fr/10653-slate-mediapart-bakchich-post-rue.php">Rue89 ne parvient pas à disposer d&#8217;une audience suffisante pour payer sa rédaction</a>, comment un média reposant sur un bassin de population bien inférieur pourrait-il être viable ?</p>
<p>Plusieurs facteurs viennent néanmoins au secours d&#8217;un média hyper local comme StrasTV (mais aussi <a href="http://www.neuillyjournal.com/">Neuillyjournal.fr</a>, <a href="http://www.gaillacinfo.fr/">GaillacInfos.fr</a>, <a href="http://www.montpellier-journal.fr/">Montpellier Journal.fr</a> mais aussi <a href="http://lamoutade.com/">La Moutade</a>, <a href="http://www.lemeuil.net/">Le Meuil de Ré</a>…). D&#8217;abord, l&#8217;attachement des gens à leur information de proximité, celle qui les concerne et qui ne peut pas être <a href="http://www.theitcircle.net/index.php?post/2009/07/23/Web-local-%3A-Regioo%2C-un-nouveau-site-d-info-en-mode-collaboratif">trouvée ailleurs</a>. C&#8217;est la raison pour laquelle Ouest France n&#8217;a jamais laissé tombé le réseau MaVille.com (mais sans pour autant avoir trouvé quelque chose d&#8217;intelligent à faire avec), la raison pour laquelle YouTube (et donc Google) <a href="http://www.nytimes.com/2009/08/03/business/media/03youtube.html?_r=2&amp;emc=eta1">s&#8217;invitent dans l&#8217;info locale</a>, et la même raison pour laquelle <a href="http://www.techcrunch.com/2009/08/17/msnbc-picks-up-hyperlocal-news-aggregator-everyblock/">MSNBC rachète le site EveryBlock.com</a>.</p>
<p>D&#8217;abord, l&#8217;information locale ne se réduit pas à l&#8217;actualité locale. Les bons restaux, les quartiers les plus tranquilles, les magasins les moins chers, les concerts gratuits, les points wifi, toutes ces données sont difficiles à trouver car éparpillées généralement dans des réseaux fantômes type <a href="http://www.voisineo.fr">Voisineo</a> ou <a href="http://www.qype.fr">Qype</a>… Ces derniers tentent de monétiser cette information mais doivent d&#8217;abord se construire une communauté pour qu&#8217;elle existe. Or personne n&#8217;a jamais <a href="http://www.pierrefrance.com/onestmal/2008/07/31/pourquoi-je-crois-au-futur-des-medias-regionaux/">suffisamment d&#8217;intérêt</a> pour retourner sur ces sites régulièrement. Seule l&#8217;actualité est capable de souder une communauté d&#8217;utilisateurs réguliers.</p>
<p>L&#8217;autre facteur favorisant les médias hyperlocaux est leur réactivité. Joseph Pasquier indique qu&#8217;il dispose d&#8217;un « réseau de correspondants monstrueux », tous ses amis depuis qu&#8217;il vit à Strasbourg. Sa <a href="http://www.facebook.com/pages/StrasTVcom/51649454849">page FaceBook</a> compte 2913 fans (<a href="http://www.facebook.com/pages/Dernieres-Nouvelles-dAlsace-DNA/19004867327?ref=ts">celle des DNA</a>, 159) ! Le moindre événement se déroule quelque part et Joseph en est immédiatement averti et il faut le voir débouler en rollers avec sa caméra en bandoulière… A Gaillac, Christophe Coquis, fondateur de Gaillacinfos.fr a fait le même constat de carence : <em>« L&#8217;actualité du bassin de Gaillac -30 000 hab- est gérée depuis Albi par la Dépêche du Midi avec un correspondant. On n&#8217;a pas de mal à être plus réactifs. Sans pub, nous avons atteint 5000 visites uniques par mois en six mois. »</em></p>
<p>Pour autant, cette absence des médias dominants dans le web local pourrait bien se terminer bientôt. Les gérontes qui sont aux commandes de la presse locale en France, largement responsables de cette situation, pourraient se réveiller et s&#8217;apercevoir que l&#8217;Internet peut être leur média de salut. Or les marques de la PQR sont encore aujourd&#8217;hui les meilleurs étendards pour rallier une communauté locale. Les médias hyperlocaux doivent donc absolument créer leur communauté –et les habitudes qui vont avec- avant.</p>
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		<title>Médias aux ordres, un exemple</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Jul 2009 18:46:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Chers lecteurs, vous le savez, ce blog n&#8217;est pas un ego-blog et ne traite pas de ma petite personne. Mais il faut quand même que je vous raconte l&#8217;hallucinante opération de police dont j&#8217;ai été témoin, et acteur, lundi soir à Strasbourg.
Dans la matinée de lundi, une poignée de journalistes reçoivent une invitation de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Chers lecteurs, vous le savez, ce blog n&#8217;est pas un ego-blog et ne traite pas de ma petite personne. Mais il faut quand même que je vous raconte l&#8217;hallucinante opération de police dont j&#8217;ai été témoin, et acteur, lundi soir à Strasbourg.<span id="more-419"></span></p>
<p>Dans la matinée de lundi, une poignée de journalistes reçoivent une invitation de la préfecture du Bas-Rhin : « ce soir, le préfet, le procureur de la République et le directeur départemental de la sécurité publique iront superviser une opération de fouilles des parties communes à Strasbourg. Rendez-vous à 19h30 à la préfecture, détails sur place. » Bigre ! Tout ce beau monde déployé, il doit s&#8217;agir de quelque chose d&#8217;important. Je prends donc ma petite caméra et je me pointe au rendez-vous avec un photographe et mon collègue du papier pour les DNA, même chose pour l&#8217;Alsace et une équipe de France 3. Là, on nous dit que nous serons convoyés sur place, dans le quartier du Neuhof à Strasbourg, un quartier qu&#8217;en langage diplomatique on qualifie de « prioritaire ».</p>
<p>Nous embarquons donc dans les voitures noires de la préfecture. Et en arrivant au Neuhof quelques minutes plus tard, nous constatons que le quartier est quadrillé par un déploiement de policiers, dont des CRS en tenue anti-émeutes, casques à la ceinture mais doigts sur le flashball. Nous arrivons en cortège, par des rues où les policiers sont déployés tous les cinq mètres, sous les regards des habitants postés aux balcons qui n&#8217;en croient pas leurs yeux. Les véhicules stoppent devant les entrées des immeubles ciblés et nous sortons, priés de témoigner de l&#8217;efficacité et du professionnalisme des forces de l&#8217;ordre…</p>
<p>Et là je dois avouer un regret personnel. Bien que mal à l&#8217;aise par cette mise en scène, je n&#8217;ai pas tout de suite changé de sujet, pour passer de la couverture d&#8217;une opération de police à celle d&#8217;une opération de communication préfectorale. Mon souci était encore d&#8217;obtenir quelques images des policiers en train de fouiller ces couloirs. Ce n&#8217;est que lorsque la totale vacuité de l&#8217;opération s&#8217;est révélée, par l&#8217;affichage d&#8217;un butin ridicule, une pipe à eau et une balance électronique, que je me suis dit qu&#8217;il était hors de question de publier quoique ce soit sur cette lamentable opération. Mon collègue du papier n&#8217;a pas eu cette chance, et a dû se fendre de <a title="Archives DNA" href="http://archives.dna.fr/cgi/idxlist_audio?m1=pr%E9fet&amp;m2=procureur&amp;m3=&amp;aaaammjj=20090703&amp;aaaammjj2=20090713&amp;amjg=20090707-20090707&amp;amj1=&amp;amj2=&amp;rubrique=&amp;a=lst" target="_blank">quelques lignes</a>…</p>
<p>Que s&#8217;est-il passé ce soir là ? D&#8217;abord, Nicolas Sarkozy a repris l&#8217;idée de 25 quartiers « prioritaires » à sauver du chaos dans le pays. Quelqu&#8217;un de très intelligent au ministère de l&#8217;Intérieur, s&#8217;est dit qu&#8217;il serait bien vu de montrer aux Français que la police n&#8217;a peur de personne et qu&#8217;aucun quartier ne saurait être exempt des règles de la République. Des consignes ont donc été données aux préfectures concernées de « faire quelque chose » et voilà le résultat : tout un quartier déstabilisé pendant une soirée d&#8217;été, à l&#8217;heure de l&#8217;apéro, une centaine de policiers mobilisés, un préfet, un procureur et un ddsp chargés de propager la bonne parole devant les caméras, tout ça pour que les braves gens soient rassurés, merci Sarko.</p>
<p>Et après, on se demande pourquoi les médias ont une mauvaise image dans l&#8217;opinion publique ! Mais du point du vue d&#8217;un habitant du Neuhof, qu&#8217;est-ce que cette suite d&#8217;événements donne à penser ? Un important déploiement de policiers sécurise une rue entière. Il doit s&#8217;agir de l&#8217;arrestation d&#8217;un gros bonnet ou de la saisie de quelque importante cache de stupéfiants. Etonnant tout de même, les policiers semblent attendre quelque chose… Auraient-ils raté leur cible ? Puis une demi-heure après arrivent… les journalistes ! C&#8217;était donc ça… Un habitant, <a title="Vidéo DNA" href="http://www.dailymotion.com/video/x9sq9e_strasbourg-visite-des-caves-au-neuh_webcam" target="_blank">interrogé par votre serviteur</a> le lendemain de cette mascarade, raconte d&#8217;ailleurs le sentiment général des résidents du quartier à l&#8217;issue de cette opération, dans une vidéo : à quoi ça sert tout ça ?</p>
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		<title>La vaine rébellion des forçats (de l&#8217;info)</title>
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		<pubDate>Tue, 26 May 2009 14:26:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Elisabeth Lévy]]></category>
		<category><![CDATA[Journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Le Monde]]></category>
		<category><![CDATA[MediaPart]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Cohen]]></category>
		<category><![CDATA[Rue89]]></category>
		<category><![CDATA[Xavier Ternisien]]></category>

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		<description><![CDATA[Oyez !!! Oyez !!! Le Monde, journal de référence, daigne s&#8217;intéresser céans au sort des miséreux (de l&#8217;info) que sont les journalistes du web. Or donc, il a été loisible à Sa Seigneurie Xavier Ternisien d&#8217;ouïr les complaintes et les doléances de ces confrères, que les revers de la providence ont tenu éloignés des devoirs [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Oyez !!! Oyez !!! Le Monde, journal de référence, daigne s&#8217;intéresser céans au sort des miséreux (de l&#8217;info) que sont les journalistes du web. Or donc, il a été loisible à Sa Seigneurie <a href="http://www.twitter.com/xternisien">Xavier Ternisien</a> d&#8217;ouïr les complaintes et les doléances de ces confrères, que les revers de la providence ont tenu éloignés des devoirs et mérites d&#8217;ordinaire réservés à cette noble profession. Oncques ne vit situation plus précaire, Sa Seigneurie en a été émue et a publié un libelle intitulé &laquo;&nbsp;<a title="Forçats de l'info" href="http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2009/05/25/les-forcats-de-l-info_1197692_3236.html" target="_blank">Les forçats de l&#8217;info</a>&laquo;&nbsp;.<span id="more-413"></span></p>
<p>«Alignés devant leurs écrans comme des poulets en batterie», «blafards», recopiant des dépêches sans les vérifier, tellement vite qu&#8217;ils mélangent parfois les sujets&#8230; La description des journalistes du web par Xavier Ternisien à l&#8217;issue de son enquête dans les rédaction web de France laisse peu de doutes sur les conditions de travail de ces journalistes, souvent jeunes, souvent en contrats précaires et souvent mal considérés par le reste de la profession.</p>
<p>Le papier rappelle évidemment l&#8217;enquête de Télérama, &laquo;&nbsp;<a href="http://www.telerama.fr/monde/les-os-de-l-info,38997.php">Les OS de l&#8217;info</a>&laquo;&nbsp;, à peu près sur le même sujet et tout ceci décrit une réalité décrite par Bernard Poulet dans son livre &laquo;&nbsp;La fin des journaux&nbsp;&raquo; (Gallimard), lequel avait également utilisé la même expression pour parler d&#8217;une profession qui &laquo;&nbsp;traite&nbsp;&raquo; l&#8217;information mais d&#8217;où le &laquo;&nbsp;journalisme&nbsp;&raquo;, à savoir la recherche des informations, leur vérification, leur rendu, etc. serait absent.</p>
<p>Bon, le papier de Ternisien a fait beaucoup de bruit dans la (petite) sphère des journalistes web, qui a répondu notamment par deux chroniques en réplique: &laquo;&nbsp;<a href="Non, sur le Net, les journalistes ne sont pas tous des « forçats »" target="_blank">Non, sur le net, les journalistes ne sont pas tous des forçats</a>&nbsp;&raquo; de Arnaud Aubron, chez Rue89 et &laquo;&nbsp;<a href="http://blogs.lexpress.fr/nouvelleformule/2009/05/xavier-ternissen-est-le-nouvea.php">Et mon cul (posé à côté du téléscripteur), c&#8217;est du poulet Xavier ?</a>&nbsp;&raquo; (j&#8217;adore le titre) de Eric Mettout, red&#8217;chef de L&#8217;Express.fr.</p>
<p>Je m&#8217;apprête à ajouter mon grain de sel et donc autant l&#8217;avouer tout de suite, moi, journaliste web (mais affranchi, je suis payé autant qu&#8217;un collègue du papier), je suis plutôt d&#8217;accord avec le constat dressé par Ternisien. Et si je comprends les réactions d&#8217;Arnaud Aubron et d&#8217;Eric Mettout, je les trouve mal dirigées.</p>
<p>Je m&#8217;explique. Que dit Ternisien ? Que sur le web, en majorité, les rédactions fonctionnent à minima, avec des journalistes sous-payés et du travail bâclé. Alors certes, à <a title="Rue89" href="http://www.rue89.com" target="_blank">Rue89</a> (et <a title="MediaPart" href="http://www.mediapart.fr" target="_blank">MediaPart</a>, <a title="@SI" href="http://www.arretsurimages.net" target="_blank">@SI</a>&#8230;), ce n&#8217;est pas le cas. Leurs journalistes produisent leurs propres enquêtes et ils ont pris le parti en 2005, justement, de ne pas republier les dépêches parce qu&#8217;on les trouve partout sur le net. Mais Rue89, MediaPart et consorts, ce sont les Rolls des rédactions web car si on les trouve partout ces fameuses dépêches, c&#8217;est bien parce qu&#8217;il y a, en grand nombre, des OS de l&#8217;info qui les retraitent partout ailleurs en permanence et je suis désolé, mais chers confrères, il faut vous en rendre compte, la grande majorité de l&#8217;information publiée sur le net, ce n&#8217;est que ça. J&#8217;en connais, des collègues, qui démarrent leurs &laquo;&nbsp;shift&nbsp;&raquo; à 6h une semaine sur deux, d&#8217;autres qui font les 3/8, pressés de publier n&#8217;importe quoi, du moment que &laquo;&nbsp;ça clique&nbsp;&raquo;, déconnectés des sujets qu&#8217;ils traitent, etc.</p>
<p>Et je suis désolé d&#8217;abonder avec Ternisien, mais ces conditions de travail sont propres au web et ont été importées dans notre profession avec l&#8217;<a title="On est mal" href="http://www.pierrefrance.com/onestmal/2009/02/20/la-fin-des-options-multimedias/" target="_blank">excuse du multimédia</a>. Ce constat ne date pas d&#8217;hier, Cohen et Lévy dans &laquo;&nbsp;<a href="http://novovision.fr/?Le-journalisme-a-mal-tourne">Notre métier a mal tourné</a>&nbsp;&raquo; (Mille et Une Nuits) avaient déjà écrit comment les journalistes du web croisaient leurs homologues du papier mais sans jamais les rencontrer, dans un ballet quotidien où les premiers sortaient les yeux rouges d&#8217;une nuit à recracher de l&#8217;info tandis que les autres débutaient une journée à essayer de trouver les leurs.</p>
<p>Alors l&#8217;ennui avec l&#8217;article de Ternisien, c&#8217;est qu&#8217;écrit par un journaliste du papier, média noble, il peut paraître condescendant envers les journalistes web et tend à accréditer la <a title="Esprit Blog" href="http://www.espritblog.com/index.php/2009/05/19/multimedia-une-question-de-regard/" target="_blank">thèse selon laquelle tout ce qui est publié sur le web ne vaut rien</a>. D&#8217;où la réaction épidermique des collègues et une opinion contre laquelle, évidemment, je m&#8217;inscris en faux. Le web, c&#8217;est formidable d&#8217;un point de vue journalistique (je l&#8217;explique à longueurs de posts dans ce blog alors j&#8217;abrège ici) et probablement la meilleure chance de se réinventer que cette profession n&#8217;ait jamais eue depuis Renaudot.</p>
<p>L&#8217;ennui, c&#8217;est que les possibles de l&#8217;Internet, pour l&#8217;instant, <a title="On est mal" href="http://www.pierrefrance.com/onestmal/2009/05/03/le-multimedia-ca-paie-pas/" target="_blank">tout le monde s&#8217;en fout</a> et que dans les hiérarchies des grands médias, on s&#8217;attache plutôt à &laquo;&nbsp;publier plus&nbsp;&raquo; qu&#8217;à &laquo;&nbsp;produire mieux&nbsp;&raquo;. D&#8217;une part, parce que ça coûte moins cher et que ça rapporte plus (la plupart des sites web sont adossés à l&#8217;audience) et d&#8217;autre part, parce qu&#8217;aux commandes de ces médias, les responsables n&#8217;ont bien souvent aucune idée de ce que peut être le journalisme sur l&#8217;Internet, voire ils s&#8217;en méfient.</p>
<p>Donc oui, Ternisien a raison, les rédactions web, en France, aujourd&#8217;hui, c&#8217;est globalement l&#8217;usine à dépêches et il faut le dénoncer. Mais <a title="Misspress" href="http://misspress.wordpress.com/2009/05/26/est-ce-que-je-suis-une-forcat-de-linfo/" target="_blank">la relève est prête</a> et cette situation, largement héritée de l&#8217;incompétence et d&#8217;une inertie professionnelle héritée du passé, va changer. On parlera alors peut-être des &laquo;&nbsp;ingénieurs&nbsp;&raquo; de l&#8217;info et ce sera tant mieux.</p>
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		<title>Une question de principe&#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 14:44:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Clearstream]]></category>
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		<description><![CDATA[Bon, alors voilà l&#8217;histoire: MediaPart se retrouve dans la panade judiciaire à cause d&#8217;une série d&#8217;enquêtes sur les Caisses d&#8217;Epargne. Laurent Mauduit, journaliste de MediaPart, a notamment publié plusieurs &#171;&#160;scoops&#160;&#187; (je mets des guillemets parce que ce sont des informations exclusives, certes, mais que personne n&#8217;a repris. Ce silence des médias n&#8217;étonne plus MediaPart depuis [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bon, alors voilà l&#8217;histoire: <a title="MediaPart" href="http://www.mediapart.fr" target="_blank">MediaPart</a> se retrouve dans la panade judiciaire à cause d&#8217;une série d&#8217;enquêtes sur les Caisses d&#8217;Epargne. <a title="Laurent Mauduit" href="http://www.mediapart.fr/club/blog/laurent-mauduit" target="_blank">Laurent Mauduit</a>, journaliste de MediaPart, a notamment publié plusieurs &laquo;&nbsp;scoops&nbsp;&raquo; (je mets des guillemets parce que ce sont des informations exclusives, certes, mais que personne n&#8217;a repris. Ce silence des médias n&#8217;étonne plus MediaPart depuis <a title="LEurs infos ne valent rien" href="http://www.pierrefrance.com/onestmal/2008/07/06/personne-ne-connait-mediapart-leurs-infos-ne-valent-rien/" target="_blank">quelque temps déjà</a>) sur les <a title="Pérol" href="http://www.mediapart.fr/journal/france/140309/natixis-les-fabuleux-honoraires-de-francois-perol" target="_blank">honoraires de François Pérol</a>, sur la préparation de la fusion avec Natixis, etc.<span id="more-405"></span></p>
<p>Cette série vaut à MediaPart et Mauduit une <a title="Série de plaintes" href="http://www.mediapart.fr/journal/france/071008/crise-mediapart-mis-en-examen-pour-avoir-donne-l-alerte" target="_blank">série de plaintes depuis octobre</a>, série qui ne cesse de s&#8217;étoffer puisqu&#8217;à ce jour, MediaPart est cité à comparaître pour onze plaintes en diffamation, pouvant déboucher sur ving mises en examen, alors que selon la rédaction, toutes leurs informations sont vraies, ont été vérifiées, précisées même et que les personnes mises en cause ont souvent refusé de répondre aux journalistes.</p>
<p>Il se trouve que si les informations publiées par MediaPart sont vraies, une ambiguité subsiste quant à l&#8217;origine des fonds versés à François Pérol, ambiguité qui pourrait bien être le point d&#8217;attaque de Pérol et consorts contre Laurent Mauduit et Edwy Plenel, comme l&#8217;a mis en évidence une bienvenue <a title="@SI" href="http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=1920" target="_blank">enquête d&#8217;@rrêt sur images</a>:</p>
<blockquote><p>Dans le second article, Mediapart écrit explicitement que l&#8217;argent a été versé par Rothschild, et non Natixis. L&#8217;affirmation inverse n&#8217;a sans doute jamais été lancée directement par Mauduit&#8230; mais l&#8217;ambiguïté était très présente dans le premier paragraphe de son premier article. Il y écrivait que Pérol avait touché <em>&laquo;&nbsp;de 1,5 à 2 millions d&#8217;euros d&#8217;honoraires, versés par la même société&#8230; Natixis&nbsp;&raquo;</em>.</p></blockquote>
<p>Ce sera au tribunal de juger évidemment et je n&#8217;ai guère de doutes quant à l&#8217;issue favorable pour MediaPart de ces procès à venir. Mais ce n&#8217;est pas ça l&#8217;important.</p>
<p>L&#8217;important est qu&#8217;encore une fois, une grande entreprise, un grand dirigeant, utilise une armée d&#8217;avocats et toute la puissance de ses services juridiques dans le but d&#8217;asphyxier une rédaction qui ne fait que son travail. Rappelons que la rédaction de MediaPart, c&#8217;est deux douzaines de journalistes, pigistes réguliers compris.</p>
<p>C&#8217;est donc contre le principe qu&#8217;il faut se mobiliser, car ce principe est connu, il fait même jurisprudence auprès des grands dirigeants d&#8217;entreprises, on pourrait parler de jurisprudence Clearstream: tout nier et noyer ces emmerdants journalistes sous une pile de procès. Qu&#8217;ils gagnent ou qu&#8217;ils perdent n&#8217;est pas important, <a title="Emmerdes" href="http://www.pierrefrance.com/onestmal/2008/01/28/le-journalisme-c-est-des-emmerdes/" target="_blank">ça leur passera de toutes façons l&#8217;envie de recommencer</a>, ça grèvera leurs finances pendant un moment, et ça enverra un message clair à toutes les rédactions de France: <strong>ne vous occupez pas de ce qui ne vous regarde pas</strong>. Ce détestable slogan que tout journaliste qui fait son travail a entendu au moins une fois.</p>
<p>Eh bien croyez-le ou non, ce message, assez tristement est bien compris et appliqué par la vaste majorité des responsables des rédactions de ce pays et cette couardise (tenant compte d&#8217;un rapport de force pétrifiant il est vrai) n&#8217;est pas pour rien dans le désaveu public que connaît la presse aujourd&#8217;hui.</p>
<p>C&#8217;est pourquoi je rejoins l&#8217;analyse de <a title="Martine Silber" href="http://marsupilamima.blogspot.com/2009/05/jai-signe-lappel-de-mediapart-question.html" target="_blank">Martine Silber</a> et de <a title="Narvic" href="http://novovision.fr/?On-voudrait-asphyxier-Mediapart-qu" target="_blank">Narvic</a> et qu&#8217;abonné par principe, je soutiens MediaPart par principe également, en signant la <a title="Pétition MediaPart" href="http://www.mediapart.fr/node/39892/" target="_blank">pétition en ligne</a> et je vous invite vivement à en faire autant.</p>
<p class="information">Certains articles de Mediapart demandent un accès payant, je dispose de quelques invitations pour celles et ceux qui voudraient se plonger dans cet édifiant dossier. Merci de laisser un message en ce sens ci-dessous et vous recevrez une invitation par email.</p>
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		<title>Le multimédia, ça paie pas*</title>
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		<pubDate>Sun, 03 May 2009 16:23:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médiatique]]></category>
		<category><![CDATA[FaceBook]]></category>
		<category><![CDATA[Interactivité]]></category>
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		<description><![CDATA[Je ne sais pas si vous avez déjà e-croisé le web-reportage sur &#171;&#160;Les routes de la faim en Haïti&#160;&#187; ? En trois chapîtres illustrés de vidéos, photos et textes accumulées pendant trois semaines de reportages sur place, les auteurs, Jean Abbiateci aux mots et Julien Tack aux images, proposent aux internautes un voyage qui croise [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne sais pas si vous avez déjà e-croisé le web-reportage sur &laquo;&nbsp;<a title="Route de la faim" href="http://laroutedelafaim.tumblr.com/" target="_blank">Les routes de la faim en Haïti</a>&nbsp;&raquo; ? En trois chapîtres illustrés de vidéos, photos et textes accumulées pendant trois semaines de reportages sur place, les auteurs, <a title="Jean Abbiateci" href="http://jeanabbiateci.hautetfort.com/" target="_blank">Jean Abbiateci</a> aux mots et <a title="Julien Tack" href="http://www.julientack.com/" target="_blank">Julien Tack</a> aux images, proposent aux internautes un voyage qui croise ceux que réalisent, contraints, des milliers d&#8217;Haïtiens, poussés par la misère des champs vers la ville. Enfin la ville&#8230; un dépotoir infini dont les passages entre les tas d&#8217;ordures forment les rues.</p>
<p>Jean Abbiateci et Julien Tack ont vraiment bien bossé, leur travail est remarquable à plus d&#8217;un titre. Encore, ce ne serait que mon opinion, vous auriez le droit cher lecteur d&#8217;en douter, si si, vous pouvez douter de mes opinions (et même d&#8217;exprimer vos doutes dans les commentaires), mais sachez que pour une fois, j&#8217;ai l&#8217;establishment du journalisme avec moi: à savoir <a title="Référence Le Monde" href="http://haiti-2008.hautetfort.com/files/REVUEWEB-LEMONDE.jpg" target="_blank">Le Monde,</a> ancien quotidien de référence et <a title="Reférence Mediapart" href="http://209.85.229.132/search?q=cache:KYNG3bG34LwJ:www.mediapart.fr/journal/une/260409+mediapart.fr+espritblog&amp;cd=3&amp;hl=fr&amp;ct=clnk&amp;gl=fr" target="_blank">MédiaPart</a>, nouveau quotidien de référence&#8230;</p>
<p>Eh bien sachez que même munis de ces nobles références, ce web-reportage n&#8217;a pas trouvé preneur, personne dans l&#8217;univers e-médiatique français ne l&#8217;a acheté. Jean Abbiateci et Julien Tack ont financé leurs reportages par&#8230; des ONG et quelques piges dans la presse écrite. La bonne surprise viendra finalement de <a title="Témoignage Chrétien" href="http://www.temoignagechretien.fr/" target="_blank">Témoignage Chrétien</a>, qui a consacré quatre pages à ce dramatique exode rural.</p>
<p><em>«Je savais très bien que personne en France n&#8217;assumerait à sa juste valeur ce web-reportage, </em>m&#8217;a expliqué au téléphone Jean Abbiateci. <em>Trois semaines d&#8217;enquête, plus quinze jours d&#8217;édition pour le montage et la création des cartes&#8230; Soit disons autour de 5000€, un tarif hors de portée des médias en ligne. Mais je tenais à la publier en l&#8217;état car la version multimédia du reportage, accouplé au blog que nous tenions alors que nous étions sur place, a fondamentalement changé notre pratique du journalisme.»</em></p>
<p>Bien que les sujets de presse écrite et commandés ont dicté la plupart des déplacements, la petite équipe s&#8217;est pliée aux contraintes du «multimedia storytelling»: <em>«Ce qui m&#8217;a plus, c&#8217;est cette démarche de &laquo;&nbsp;média total&nbsp;&raquo;, nous pouvions publier la somme considérable d&#8217;informations que nous avons collectée pendant trois semaines&#8230; Nous n&#8217;avions plus à choisir quoi sacrifier pour faire tenir ce reportage dans 2500 signes de textes. Et puis surtout, nous étions à l&#8217;écoute des commentaires des internautes sur notre blog, qui a enregistré plus de 1000 visites, et nous tâchions d&#8217;y répondre. On nous a ainsi demandé <a title="galettes d'argile" href="http://haiti.tumblr.com/page/6" target="_blank">plus d&#8217;informations sur les &laquo;&nbsp;galettes d&#8217;argile&nbsp;&raquo;</a>, nous nous sommes renseignés et nous y avons répondu. Ces allers-retours nourrissent une curiosité mutuelle entre journalistes et internautes».</em></p>
<p>Une curiosité, une remise en question permanente, dont l&#8217;effet le plus visible est d&#8217;améliorer grandement la qualité du produit fini. Cette forme de journalisme, à la fois &laquo;&nbsp;totale&nbsp;&raquo; comme dit Jean Abbiateci et &laquo;&nbsp;interactive&nbsp;&raquo; est probablement ce qui se rapproche le plus de ce que les internautes demandent aujourd&#8217;hui à leurs médias. Il n&#8217;y a qu&#8217;à voir les succès des opérations où un flux d&#8217;informations est couplé à un retour de l&#8217;audience, comme l&#8217;investiture d&#8217;Obama par CNN / FaceBook pour s&#8217;en convaincre, même TF1 va s&#8217;y mettre&#8230;</p>
<p><em>«Il y a quelque chose à inventer, </em>reprend Jean Abbiateci. <em>Toute une génération de reporters partent à leurs frais et sont capables de produire de tels sujets, ça ne durera pas éternellement. Moi en tout cas, j&#8217;ai donné. Si sur l&#8217;exode rural en Haïti, un millier de personnes nous ont suivi, il y a forcément des modèles économiques à trouver sur des sujets plus fédérateurs et plus ancrés dans l&#8217;actualité. La qualité paie sur le web, comme elle paie sur le papier avec l&#8217;exemple de <a title="XXI" href="http://www.leblogde21.com/" target="_blank">XXI</a>.»</em></p>
<p>Et donc voilà bien le problème: on a les internautes, dont on connaît depuis quelques années maintenant les exigences en termes de qualité de l&#8217;information, on a les journalistes&#8230; Il manque les médias. L&#8217;exemple de Jean Abbiateci et Julien Tack nous a montré que nous manquons en France de médias courageux, solides, inventifs, participatifs et capables de proposer, régulièrement, de tels sujets à leurs internautes.</p>
<p class="information">(*) oui, je manque peut-être d&#8217;imagination pour <a title="La pub, ça paie pas" href="http://www.pierrefrance.com/onestmal/2008/09/13/la-pub-ca-paie-pas-ca-eut-paye/" target="_self">mes titres</a>, mais en même temps, ça évoque une tendance, non ?</p>
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		<title>Un sommet international, ça vous soude une rédaction</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Apr 2009 16:04:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médiatique]]></category>
		<category><![CDATA[DNA]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[Journalisme]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Chers lecteurs vous le savez, ce blog n&#8217;a pas vocation à parler des DNA ni de sa stratégie multimédia (ou plutôt de son absence). Mais je vais faire une exception et vous présenter ce que le journal qui m&#8217;emploie a mis en place dans le cadre du funeste <a title="Otan" href="http://www.nato.int/docu/comm/2009/0904-summit/index.html" target="_blank">Sommet de l&#8217;Otan</a>, qui s&#8217;est déroulé en partie à Strasbourg début avril parce que, d&#8217;une part, ce fût innovant et d&#8217;autre part, une série de pratiques théorisées à longueurs de billets ici-même et dans toute la blogosphère traitant des nouveaux médias ont pour une fois été mis en œuvre lors de cette semaine mouvementée. Je serais plus à l&#8217;aise pour en parler si ce sommet s&#8217;était déroulé à Bordeaux ou à Marseille, mais bon, c&#8217;était à Strasbourg, on ne va pas bouder son plaisir non plus&#8230;</p>
<p>Or donc, mon éminent collègue <a title="Contre-Champ" href="http://www.contre-champ.com/" target="_blank">Matthieu Mondoloni</a>, constatant l&#8217;inadéquation de nos moyens de publication en ligne face à un événement de cette ampleur, a eu l&#8217;idée de créer un <a title="Site Otan DNA" href="http://otan-strasbourg.dna.fr" target="_blank">site spécial «Sommet de l&#8217;Otan à Strasbourg»</a>, dont l&#8217;ambition était de centraliser toute l&#8217;information sur cet événement, qu&#8217;elle provienne du programme officiel, des militants engagés pour la paix et contre l&#8217;Otan, ainsi que les innombrables échos qu&#8217;une manifestation de ce genre génère dans une ville comme Strasbourg. L&#8217;autre pilier de ce site était de fournir des informations «en temps réel», via Twitter, afin d&#8217;être les premiers à publier des développements, des échos, des annonces, etc. Bref, l&#8217;idée était à la fois d&#8217;être exhaustif et réactif puisque nous étions sur notre terrain et que ce n&#8217;était pas la présence annoncée de quelque 4000 journalistes internationaux qui allait nous faire peur !</p>
<p>Aux DNA, une vingtaine de journalistes environ ont travaillé sur le sommet de l&#8217;Otan, ce qui faisait de notre marque potentiellement le média le plus à même de couvrir complètement le sommet, on était probablement plus nombreux même que l&#8217;AFP, laquelle avait mobilisé 18 journalistes pour l&#8217;événement. Mais ceux qui connaissent les médias disons «établis» savent qu&#8217;au sein d&#8217;une rédaction comme celle des DNA, il existe des frontières, parfois très étanches, entre les services et certains journalistes et que ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;une vingtaine de journalistes travaillent sur un événement que la combinaison de leurs contributions respectives produira mécaniquement une information complète et rapidement publiée.</p>
<p>Grâce à l&#8217;aide d&#8217;Orange, nous avons équipé quelques reporters de la rédaction locale de Strasbourg de téléphones multimédia, du type Nokia N95, capables d&#8217;enregistrer des vidéos et de publier des brèves sur <a title="Twitter DNA" href="http://www.twitter.com/dnatweets" target="_blank">Twitter</a>, donc directement sur le site. L&#8217;idée était de multiplier les points de captage de l&#8217;information, la rédaction multimédia se réservant la réception de ces informations et leur mise en page, ainsi que les sujets vidéos prévisibles.</p>
<p>Cette organisation a été un désastre.</p>
<p>D&#8217;abord, les reporters témoins d&#8217;événements sur le terrain n&#8217;ont pas relayé les informations. Ils étaient évidemment trop occupés à faire leur travail, à savoir capter cette information pour le journal papier. Au moment où se déroule un événement, lancer le mini navigateur du Nokia, se connecter sur Twitter, écrire la brève avec le clavier du téléphone était inimaginable et même capter une vidéo et l&#8217;envoyer était compliqué. Malgré nos efforts, les rédactions «print» et «web» restaient séparées.</p>
<p>Du coup, nous avons changé notre fusil d&#8217;épaule et nous avons mis en place une autre organisation: tous les reporters sur le terrain devraient dorénavant systématiquement appeler au téléphone un «deskeur multimédia», lequel écrirait les brèves Twitter, mettrait à jour les papiers en ligne en cœur de page et enverrait les journalistes multimédia tourner des <a title="Vidéos Otan DNA" href="http://otan-strasbourg.dna.fr/?+-Video-+" target="_blank">vidéos</a> au besoin.</p>
<p>A partir de là, le site spécial des DNA est devenu l&#8217;endroit du web où toute l&#8217;information sur ce sommet était publiée, avant tout le monde.</p>
<p>Pourquoi cette seconde organisation a fonctionné ? D&#8217;abord parce qu&#8217;elle faisait sens. Si je mets à part les (vieux) grincheux qui considèrent que travailler pour le web n&#8217;est pas vraiment du journalisme, la majorité des journalistes mobilisés pour le Sommet avaient plutôt envie de collaborer au site web spécial mais pas si cela mettait en péril leurs propres capacités à écrire leurs articles. Dans les conditions extrêmes vécues pendant ces journées (des policiers nerveux partout, des groupes mobiles à suivre en permanence, des actus à ne pas rater, etc), écrire une brève c&#8217;était trop, mais passer un coup de fil était acceptable. La charge principale du travail étant en fait supportée par le «deskeur multimédia» (lequel a bien cru devenir fou lorsque tous ses téléphones sonnaient en permanence) et non par le reporter qui pouvait rester concentré sur le déroulé des événements.</p>
<p>Ensuite, cette coordination a permis aux journalistes multimédia (dont votre serviteur) de travailler en équipe avec les journalistes du papier, les premiers pouvant se concentrer sur la prise d&#8217;images, les seconds pouvant se passer de «voir» les événements et tenter d&#8217;obtenir des informations précises ou de contexte.</p>
<p>Au final, j&#8217;ai la prétention et l&#8217;immodestie de dire que le service rendu à nos lecteurs, sur le web et sur papier, a été d&#8217;excellente qualité, ce qui s&#8217;est vérifié dans les chiffres de consultation du site (850 000 pages vues, 190 000 visiteurs uniques), dans la vente au numéro (les DNA étaient indisponibles dans beaucoup de kiosques strasbourgeois dès 10h du matin mais on a pas encore de chiffres validés) et dans les commentaires que nous avons reçus.</p>
<p>Mais surtout ces quelques jours d&#8217;intense actualité ont permis de démontrer qu&#8217;un média peut être global et ne perdre aucun lecteur, qu&#8217;un même média peut publier la même information plusieurs fois et ne perdre aucun abonné, pour autant que cette information atteigne sa cible au bon moment (la brève en temps réel, les infos de la journée, le récapitulatif des événements de la veille et les réactions, etc.)&#8230; Bref, qu&#8217;une seule rédaction peut produire de l&#8217;information pour des formes de publication différentes, sans se cannibaliser bien au contraire, en bénéficiant de ces traitements différents.</p>
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