Je n’en peux plus. Chaque année c’est pareil, il faut compter les voitures brûlées la nuit du réveillon et s’en indigner sur cinq colonnes à la Une le lendemain… A quoi ça rime ? Non mais sans rire, quel est le sens de tout ce manège absurde ? Ça intéresse qui et ça veut dire quoi cette information ?
Bien malin qui peut dire aujourd’hui quel est le sens de ce comptage ! Des voitures brûlées, il y en a tous les jours (50 000 par an en France) et partout en Europe. Et pourtant, à l’approche de la Saint-Sylvestre, tout le monde continue de jouer son rôle dans une pièce connue par cœur : les préfets s’assurent d’avoir des policiers et des gendarmes en suffisance (35 000 hommes mobilisés en France, 7 000 à Paris !), afin de garnir un « dispositif » prêt pour la Saint-Sylvestre, les médias réservent des pages, envoient des journalistes dans les quartiers puis demandent les décomptes aux préfets ! Pourvu que les bandes de casseurs et autres jeunes désœuvrés veuillent bien également jouer la partition qu’on attend d’eux, faute de quoi, la fête en serait gâchée…
Heureusement, ils le font. Ils ne sont pas les derniers parmi les quelques cons qui s’échinent à faire fonctionner cette mécanique médiatico-sociale. Du coup aujourd’hui dans vos journaux, des Unes à flammes, des comptages précis, département par département, ville par ville (qui est en tête pour 2008 ?), des réactions indignées et cette année (évidemment), une mesure présidentielle contre ce fléau !
Le pire dans cette histoire, c’est que le bon peuple en redemande de ce cirque ! Si un média venait à faire preuve d’une analyse critique de son traitement des voitures brûlées et déciderait, comme ça pour voir, de ne pas en parler le soir du 31 plus qu’à l’accoutumée, qu’est-ce qu’il prendrait comme accusations ! Que ne serait-il pas dénoncé par ses lecteurs comme un organe officiel de communication, voulant étouffer le feu qui couve dans nos banlieues !
Mais est-ce de ça qu’il s’agit ? On aimerait le croire –on disposerait alors d’un pratique thermomètre de la chaleur banlieusarde : 600 voitures crâmées : froid, 1200 voitures crâmées : chaud- mais même pas puisqu’une bonne part de ces incendies sont des escroqueries à l’assurance. Ainsi, plus 30% de voitures incendiées cette année, est-ce une mesure du mécontentement social ou l’intégration par les contribuables d’une mesure gouvernementale ?
Que celui qui a une solution à ce gigantesque merdier s’avance parce que moi, je sèche et je désespère.









