C’est sûr, la presse écrite va dans le mur, les lecteurs s’enfuient et les recettes s’effondrent. Mais il y a le web, vecteur obligatoire vers la survie pour les journaux moribonds. Sauf que… sauf que peut-être pas. Car la publicité, qui finance toutes les publications sur le web (sauf les aliens) depuis que le web est web, ne semble pas être en mesure de continuer longtemps comme ça.
D’abord, il y a cet inquiétant constat de Pierre Haski, co-fondateur de Rue89, dans Journalism Enterprise, selon lequel « la publicité [rentable] n’est pas à la portée de Rue89. » Waw. Plus de 600 000 visiteurs uniques chaque mois, l’une des marques web les plus connues en France, des scoops réguliers et un modèle « pure web » dès le départ et ça ne suffit pas ? Bien des journaux quotidiens ayant leur avatar sur le web aimeraient une telle audience pourtant…
Puis il y a cette précision de Pierre-Jean Bozo, PDG de 20 minutes France, chez Eric Scherer : « le print, c’est 98% de nos revenus, le web 2%. » Une déclaration à rapprocher du récent conflit qui a opposé les deux rédactions-en-chef de 20 minutes, au détriment de la rédaction-web…
Bref, tous les responsables de groupes éditoriaux commencent à le sentir : ce n’est pas grce au web qu’ils vont sauver leurs journaux. Entre les pertes générées par la baisse de leur diffusion et les maigres revenus tirés du web, la soudure ne pourra pas être réalisée. D’autant qu’aux Etats-Unis et pour la première fois, le marché de la pub en ligne se contracte.
Et merci à Fernand Reynaud pour le titre.