Pourquoi je crois au futur des médias régionaux

Je viens de tester deux nouveaux réseaux sociaux de proximité ciblés (gaffe je me mets à parler comme un pro du marketing) : Qype.fr et Voisineo. C’est sympa, c’est mignon mais c’est vide. Peut-être que l’un ou l’autre deviendra le FaceBook local mais j’en doute. Pourquoi ? Parce que l’intérêt de s’inscrire est limité par leur concept même : l’un concerne les sorties, l’autre les commerces, d’autres proposent de commenter des marques, d’autres de se plaindre… Les gens ne vont pas multiplier les inscriptions à l’infini. Et s’ils le font pour découvrir un site, ils perdent vite l’intérêt initial et ne reviennent pas, alors que ces sites fonctionnent justement sur l’établissement d’une communauté active et surtout, participative.

L’actualité en revanche génère un intérêt renouvelé.

Bien des sites proposent à leurs visiteurs de s’informer sur l’état du Monde mais l’information locale est rare. C’est pourquoi je suis confiant dans l’avenir des médias locaux, et notamment des quotidiens régionaux en France. Ce sont les seuls, qui par leurs réseaux de journalistes et de correspondants, et l’attachement de leurs lecteurs à leur marque, peuvent capitaliser sur une audience renouvelée suffisante pour développer des services de proximité véritablement utiles.

Et s’ils deviennent utiles ces services, ils peuvent devenir payants. Vous voyez où je veux en venir ?

C’est le démon du marketing qui me reprend : se servir de l’information locale comme d’un produit d’appel pour développer un site basé sur une communauté géographique, capable de proposer un ensemble de services de proximité de grande valeur : pharmacies ouvertes la nuit, où trouver du lait à 22h, quel restaurant sert les meilleurs tartes flambées, etc. Croiser le social-networking à la Twitter / FaceBook avec l’intérêt d’interagir au sein d’une communauté régionale et l’actualité locale.

Dans leur vaste majorité, les journaux régionaux se contentent de « porter » le journal sur le web. Quelques expériences existent, mais les concepts ne sont pas poussés suffisamment loin pour qu’une véritable communauté se construise, pour que les utilisateurs de ces sites aient suffisamment d’intérêt à s’inscrire et à participer que ces gestes deviennent naturels, aussi naturel que de lire le journal avec un café le matin. C’est bien ça l’idée.

Les médias régionaux ont tort de trainer pour passer cette étape. Car chaque jour, l’inscription sur les sites communautaires devient chaque jour plus simple et l’attachement aux marques régionales, donc leur attractivité, décroit avec leur nombre de lecteurs.