SOS SMS

J’ai du mal à m’intéresser à cette histoire de SMS. C’est parti comme une info type « Carla Bruni », le genre que mes yeux zappent d’eux-mêmes, certains qu’il ne sert à rien d’emmerder mes neurones avec cette pollution informative… Puis il y a eu la réaction de Sarko, violente, puis celle de la profession, des journalistes du NouvelObs, de ses dirigeants et de toute la blogosphère

Bon et moi alors ? Qu’est-ce que j’ai à dire sur ce foutu SMS, maintenant que cette info caniveau a rejoint la sphère des relations entre les médias et le pouvoir ? Comme dit Schneidermann, je pense aussi que les faits puent mais ce sont les faits, mais contrairement à lui je n’en tire pas la même conclusion.

Est-ce que le président a droit au respect, c’est-à-dire au silence, de sa vie privée ? Hélas, non. Et ce n’est pas de la faute des journalistes si nous en sommes arrivés là. Tout le monde a bien compris maintenant que son armée de conseillers en communication, et lui-même, ont politisé sa vie privée, afin de garder un contrôle quasi-total sur l’agenda médiatique du président. Cécilia a été instrumentalisée quand ça l’arrangeait, son divorce l’a rendu sympathique, sa dernière conquête en a fait le premier étalon de France et j’en passe… La com’ de Sarkozy sait pertinemment comment mener les journalistes à la baguette. Ce constat tout le monde l’a fait.

Alors il ne doit pas s’étonner aujourd’hui, d’avoir une horde de paparazzis aux fesses. Lui qui s’est mis en scène ne doit pas s’étonner que les journalistes aient noué des contacts serrés avec tous les acteurs de la pièce qu’il joue, et qu’ils s’en servent. Au final, cela prouve qu’il y a encore des médias qui n’ont pas peur de Sarkozy et c’est plutôt rassurant, surtout après les défaites successives que la presse a subi face au président (affaires de Match, etc).

Lui qui si souvent lorgne de l’autre côté de l’Atlantique comme s’il y avait là-bas un modèle à importer, le voilà encore plus proche du style d’un président américain. Si j’étais un journaliste traitant de la vie du président, je me rapprocherais de ses secrétaires, des fois que l’une d’elle ait des rapports « inappropriés » avec le président…

Voilà mon avis sur toute cette affaire nauséabonde. Il a voulu la rupture avec les pratiques du passé ? Il l’a eue.