Quels magnifiques débuts !
A peine élu pour aider ceux « qui ont mis un genou à terre », Sarkozy s’affiche sur le yacht d’un baron du CAC 40. Avec ses ministres d’ouverture, il peine ses amis, tous ceux qui depuis la première heure supportent ses colères et l’idée d’un ministère de l’identité nationale.
A peine vaincue, Ségolène révèle à ses électeurs qu’elle ciblait en fait le Parti socialiste. Elle peine les militants, ceux-là même qui ont barré la route à DSK, Fabius et Hollande en la propulsant candidate préférée des socialistes.
A peine légitimé, Bayrou largue l’UDF. Il peine les vieux élus de droite en tentant de convaincre les jeunes de gauche devenus pragmatiques de rejoindre le Mouvement démocrate (le MoDem comme on dit maintenant).
Eux trois regardent désormais vers 2012. Mais dans les coulisses, attention aux coups bas ! Le PS est un champ de ruine : Kouchner est au gouvernement, DSK veut la réforme et la revanche, Fabius croit en son destin révolutionnaire… A l’UMP, un triumvirat est censé empêcher l’émergence d’une concurrence. Le parti a bien travaillé, le parti est prié de se taire désormais. Tout cela est connu, tout cela a déjà été vu.
La nouveauté viendra donc du centre. Qui formera le MoDem ? Je suis un idéaliste, je veux croire que des jeunes, du genre de ceux qui s’investissent parfois dans les élections locales sous des étiquettes indépendantes, du genre de ceux qui s’estiment de gauche mais ne supportent pas les pesanteurs de l’appareil socialiste, prendront cette opportunité et se lanceront dans la bataille.
Puisque les vieux pénibles sont partis, puisque le centre est un parti neuf, pourquoi ne pas en profiter ? Certes, parvenir à l’Assemblée dans ces conditions sera difficile, face aux candidatures de l’UMP conquérante et de son nouvel allié-tampon de droite. La gauche pourrait être tentée de mordre, dans ses circonscriptions gagnables. Les candidats MoDem devront à la fois être suffisamment neufs pour attirer les déçus, suffisamment crédibles pour convaincre les réalistes, assez à droite pour gagner, un peu à gauche pour exister. Existent-ils ces candidats ? Le 19 juin, nous saurons en tout cas si le centre existe.