La dictature de la communication

Décidément, les principes démocratiques montrent leurs limites lors de cette dernière élection présidentielle. Après les affres du vote contraint, voici qu’on peut légitimement s’interroger sur la capacité des citoyens à  choisir. Car qui est le meilleur candidat ? Nicolas Sarkozy incontestablement.

Nicolas Sarkozy a été avocat. Il parle bien, ses phrases sont directes et courtes, ses idées s’expriment clairement à  la télévision. Il a une capacité de séduction hors du commun, il n’est pas un intellectuel volontiers gauchisant qui lui résiste, nombreux sont les artistes à  lui trouver subitement d’admirables qualités… Quand à  sa campagne, elle est limpide : c’est la fin des privilèges, le retour du travail pour ceux qui le veulent, la sécurité pour tous, etc.

De son côté, Ségolène, malgré un charme évident, fait bien ple figure. A chaque meeting, il lui faut une heure de mise en jambes avant d’être percutante, à  chaque apparition télévisée, elle se croit obligée de recentrer le débat sur « l’ordre juste », malgré de nombreuses propositions validées autant par les Français que par les socialistes, aucune idée forte et séduisante ne ressort de sa campagne.

Et pourtant qui serait le meilleur président pour la France ? Ségolène Royal assurément. La candidate socialiste est celle du rassemblement, elle est la candidate du progrès, elle s’inspire et donne à  agir à  la France combattive et généreuse, elle incarne la République du partage et de l’équité. De l’autre côté, Nicolas Sarkozy est le candidat de la peur. Il surfe sur des fantasmes d’insécurité insufflés depuis des années, il maquille son bilan à  l’Intérieur. Son ambition démesurée, sa soif de revanche, son caractère colérique au mieux, dictatorial au pire, transpire de ses interventions. Manipulateur, il a su décrédibiliser son adversaire, amadouer les médias, s’assurer du soutien des grands patrons français et surfer avec une incroyable légèreté sur les scandales à  répétition que ce qui reste de presse libre et de ses adversaires lui ont trouvé.

Comment donc un citoyen peut-il voter Sarkozy ? Grce à  l’image, à  sa présence sur scène, à  son charisme, à  la capacité de son équipe à  lancer des diversions lorsqu’il est en difficulté et à  intéresser les médias aux thèmes anxiogènes. Quelques idées qui font mouche et voilà . Qu’il soit incapable de les mettre en Å“uvre ne semble pas important. Que tout indique qu’il peut transformer le peuple français en une somme de petites communautés méfiantes les unes envers les autres n’émeut guère. Opposée à  la réalité, l’image prime.

Ainsi meurt la démocratie, ainsi nait la dictature de la communication.

Partager:
  • Print
  • Digg
  • Facebook
  • LinkedIn
  • Netvibes
  • Tumblr
  • Twitter
  • Wikio FR
  • email
  • Google Bookmarks
  • viadeo FR