Voilà… Au jeu des pronostics, j’ai pas tout à fait perdu mais je n’ai pas gagné. Sarkozy a rongé Le Pen de l’intérieur, portant son score au-delà des estimations les plus optimistes des sondages. Avec une droite dure à 44,8 % (Sarkozy, Le Pen, Villiers, Nihous) et une gauche à 36,2 (Royal, Besancenot, Voynet, Buffet, Laguiller, Bové, Schivardi), la partie semble être jouée. L’heure des bilans n’a pas sonné. Dans un pays assoifé de politique, le débat du 2 mai aura son importance. Un Sarkozy agressif et discourtois pourrait perdre un peu de terrain.
Mais en grand pro de la comm’, il se présente tout de même avec des meilleures armes que sa concurrente, encore mal à l’aise le soir du premier tour. Royal racontera sans doute un jour sa campagne. Espérons qu’elle le fasse de manière honnête, sans charger ses ennemis de l’extérieur et de l’intérieur du même reproche de machisme. Comme Jospin en 2002, elle porte une part de responsabilité mais pas la plus grande. Au fond, s’il est battu comme c’est probable, le PS est bien plus coupable que sa candidate d’avoir raté pour la seconde fois consécutive, la chance historique de parvenir au pouvoir. Les raisons sont multiples évidemment. Il reste tout de même un mince espoir mais il ne viendra pas de Bayrou. Le candidat centriste ne se prononcera sûrement pas clairement, à moins que le PS, qui n’est pas doué pour gérer ses alliances, lui propose un improbable projet de rapprochement aux législatives.
Au mieux, dénoncera-t-il un peu plus la République de Sarko que le projet socialiste, sans beaucoup influencer ses électeurs qui ont rejetté les deux partis classiques de gouvernement pour de profondes raisons. Il y aura des ralliements bien sûr, mais sans doute pas en nombre suffisant.