Nicolas Sarkozy peut sans doute être président de la République. Il aura beaucoup plus de mal à être le président de tous les Français. C’est même quasiment impossible. Comme le prouvent les réactions de pas mal de jeunes citoyens, il ne véhicule pas vraiment une image de rassembleur. Pour avoir décomplexé la droite, une performance non négligeable, Sarko s’en est fait le champion exclusif. Du même coup, il est exclusivement le candidat des citoyens votant à droite. C’est une rupture importante avec le gaullisme.
Sarkozy ne sera pas le président des jeunes des cités. On peut penser qu’il pourra augmenter les effectifs de la police de 234%, faire chanter la Marseillaise au collège, ou tout ce que vous voudrez s’il est élu président, rien ne s’arrangera dans les banlieues, parce que la confiance n’existe pas. S’il est élu, nous n’en avons pas fini avec les émeutes urbaines. C’est tristement prévisible.
De la même manière, Sarkozy ne sera pas le président des séropositifs. Son absence de réaction à la campagne de Aides en est la preuve. Le Sida, comme au pire moment de l’épidémie, est sans doute une malédiction à ses yeux. Plus exactement un chtiment. Cette campagne publicitaire de l’association de lutte contre le Sida est plutôt bien tournée. Beaucoup de personnalités ont accepté d’y participer. Pas lui, pensez-donc. Je ne veux pas lui faire de procès mais son absence de réponse sent mauvais. On entend presque le « ch’ui pas un pd môa » qui va avec. C’est peut-être un peu dur sans doute mais il n’empêche, que Sarko prouve une nouvelle fois que tous les citoyens ne l’intéressent pas.
Ségolène s’en tire cela dit à peine mieux. Contaminée elle aussi, par cette maladie de la gauche, qui nie trop souvent l’existence des citoyens de droite ou qui, au mieux, lui reconnait tout juste le statut d’ennemis.
Le choix d’un président, c’est celui d’un projet pour l’ensemble des citoyens. La vertu première de la politique selon moi, c’est la capacité à sortir de sa condition, de sa classe. Prendre de la hauteur, être sujet à l’empathie. C’est être salarié et se glisser dans la peau d’un parton, être flic et devenir un sans-papiers le temps d’une simple réflexion… Je doute personnellement beaucoup que Sarkozy se soit jamais mis dans la peau d’un professeur des écoles en ZEP, d’un habitant d’une cité HLM, ou d’une femme de ménage.
Il divise naturellement, ce qui le disqualifie à mes yeux d’exercer une charge aussi éminente.Š