Elle l’a mauvaise, Simone Veil. Une dizaine de jours après avoir déclaré son soutien à Nicolas Sarkozy, voilà que le candidat de la droite déterre l’idée d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, histoire de relancer sa campagne. Pour la rescapée de la Shoah et pour celle qui, en 1995, a intégré le haut-conseil à l’intégration, la pilule est amère.
Du coup, Simone a décliné la présidence du comité de soutien à Sarkozy qu’il lui proposait. Elle a même tenu à faire connaitre sa différence et précisé avec l’ironie qui sied si bien aux vieux loups de la politique qu’elle « ne comptait pas faire une campagne suractive » pour Sarkozy. Mais le mal est fait.
On a déjà évoqué dans ce blog la capacité de séduction du candidat de la droite. Pour Sarkozy, le soutien de Simone Veil est du pain béni: elle qui a été longtemps l’une des personnalités préférée des Français, dont l’aura dépasse largement les clivages politiques. Perçue comme une modérée (ce qu’elle n’est pas), première femme à avoir présidé le parlement européen puis le conseil constitutionnel, Simone Veil pourrait rassurer une bonne part de tous ces électeurs de droite qui hésitent encore à voter Sarko, séduits par l’homme d’action mais effrayés par ses positions communautaristes, libérales ou atlantistes.
Du moins c’était l’idée. En homme de communication, Sarkozy savait très bien que quelques instants filmés de lui accolé à la championne de la libération des femmes suffirait à polisser son image. Mais pour elle, il s’agissait de contrer Bayrou, qu’elle tient pour un opportuniste sans grande profondeur, un parvenu de la politique, voire un danger pour la démocratie. Quand elle s’est déclarée pour Sarkozy, Simone s’est engagée, une nouvelle fois, dans une bataille politique quand ce dernier ne cherchait qu’un vernis.
Aujourd’hui, Simone réalise un peu trop tard que Sarkozy est devenu « très difficile à joindre au téléphone ». Une mésaventure que risquent bien de connaître dès l’année prochaine une bonne part de ceux qui voteront Sarkozy.