Rendez-vous en 2012 ?

Tout le monde peut avoir sa lecture de la défaite de Lionel Jospin lors de l’élection présidentielle de 2002. Des responsables politiques, des électeurs peuvent décharger leur conscience en incriminant la mauvaise campagne, les choix fallacieux de l’équipe de l’ancien Premier ministre, tout ce qu’ils veulent. Selon moi, c’est toute la gauche qui était coupable de n’avoir pas vu le danger. Et quand je dis la gauche, je pense prioritairement aux électeurs de gauche.

Car pour sanctionner un gouvernement jugé trop timoré, ils avaient dispersé leurs votes sur des formations incapables de gouverner, car ne voulant pas exercer de responsabilités politiques. Curieux choix. Se faisant, ils s’étaient privés d’un représentant au second tour de la plus importante élection de notre pays. En fait, la gauche avait appris dans la douleur, comment on peut perdre un premier tour. Les jeux ne sont pas encore faits évidement, mais il se pourrait bien qu’elle se lance dans l’apprentissage d’une méthode pour échouer au second tour.

En désignant, Ségolène Royal pour candidate, c’est cette fois les électeurs socialistes qui ont un fait un choix curieux. Le choix de la forme et du symbole. Or cette candidate commence à  inquiéter. Sa dernière bourde, concernant le Québec, sera sans doute anecdotique le jour du scrutin et ne pèsera guère dans le choix des électeurs. Mme Royal figurera très certainement au second tour, au bénéfice de l’angoisse d’un 21 avril bis. Il n’empêche que cette dernière bêtise entretient le doute sur les capacités de la candidate qui continue à  privilégier la forme, les slogans et les phrases creuses. Certes Ségolène n’est pas une pauvre sotte, il s’en faut de beaucoup.

Mais est-elle la meilleure de son camp ? Sa bourde traduit quelque chose mais quoi ? Son état de fatigue passager ? Son mode de communication avec la presse ? En gros : « je suis d’accord avec ce qui vient d’être dit, c’est formidable ce que vous faîtes ». Son absence de culture en politique étrangère ? Ne pas faire de commentaires sur les éventuels problèmes de séparatisme d’un à‰tat allié ? C’est pourtant la base !!! A moins, évidement, qu’elle souhaite voir la France appuyer officiellement la création d’un à‰tat par nos cousins d’Amérique, ce qui est a priori improbable. L’autre frayeur de début de campagne, c’est d’imaginer que le projet socialiste va se confondre avec l’exercice de démocratie participative menée par la candidate, actuellement en cours sur le net et ailleurs.

La synthèse de tout ça devra se résumer en quelques grandes propositions… Franchement, on peut craindre le pire en matière de démagogie et de simplifications politiciennes. Je nourris mes angoisses ces derniers temps. La gauche a intérêt à  serrer un peu le jeu. Sinon, il faudra prendre rendez-vous en 2012.

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    Le problème de Ségolène c’est aussi que journalistes et hommes politiques se prêtent au jeu et essaie de la piéger à  chaque coin de phrase.

    Vous croyez vraiment que Sarkozy se ferait interroger au détour d’un déplacement sur le nombre de sous-marins français ? Là  encore, on est dans l’image… je suis pas si aussi sûre que ça que Ségolène soit si nulle qu’on veut bien le prétendre sur l’international !!

  • http://www.pierrefrance.com Pierre

    Big Bang Blog (le blog de Daniel Schnedermann) a trouvé le programme de Ségolène… sur son site ! Et a écrit un cinglant billet sur la flemmardise des journalistes.

  • Tibo

    Oui mais on le savait qu’une campagne c’est ça… Des attaques perfides, des coups bas, des questions pièges…
    Ségolène avait un avantage, elle donnait l’impression (c’était même la seule) qu’elle pouvait battre Sarko. Aujourd’hui, la gauche commence à  en douter et du coup, ça le fait moins. Elle glisse, on doute de ce qu’elle dit, on commente, surtout moi qui n’ait jamais été son supporter n°1.
    Quant aux médias, je rejoins entièrement Schneiderman.